Arcimboldo
ou l'art fantastique
© Château de Skokloster, Suède
Vertumne. Portrait de Rodolphe II, vers 1590, huile sur bois
22 octobre 2007
Extrait de France-Amérique n°12, du 31 octobre au 20 novembre 2007
Une exposition au musée du Luxembourg à Paris rend hommage au portraitiste de la Renaissance.
À contre-courant de la vie en portion congrue mais dans le sens du retour au bio, l’exposition sur Giuseppe Arcimboldo (1526-1593) que l’on peut admirer au musée du Luxembourg à Paris jusqu’en janvier prochain, est un hommage aux fruits frais, aux fleurs épanouies et embaumantes, à la nature dans ce qu’elle a de plus luxuriant, un hymne au baroque renaissant. On connaît le classique Vertumne, le portrait de Rodolphe II, puzzle de fruits familiers ou exotiques, inspiré du dieu grec de l’abondance, on connaît moins l’Homme potager
(1590) tableau réversible plein d’humour où navets, courges, et autres légumes oubliés dessinent chez l’homme un sourire narquois.
Les fanes des radis servent à tout, de barbe ou de chevelure, et les tubercules, de nez ou de menton. "La dernière exposition sur Arcimboldo a eu lieu, il y a 20 ans à Venise", a expliqué la commissaire de l’exposition, le Dr. Sylvia Feroni, conservateur de la Peinture italienne de la Renaissance au Kunsthistorisches Museum à Vienne où l’exposition sera présentée après Paris du 11 février au 1er juin 2008. C’est au contact de son père, artisan peintre à la cathédrale de Milan
qu’Arcimboldo s’initie à la peinture. Il devient rapidement peintre officiel à la cour du roi Ferdinand 1er à Prague. Entre 1572 et 1573 il va peindre plusieurs séries des Quatre Saisons, compositions anthropomorphes de fruits et de légumes dessinant des profils dont l’une se trouve au Louvre.
Parmi la centaine d’oeuvres présentées au musée du Luxembourg, on découvre dans la dernière salle un nouveau tableau des Quatre saisons retrouvé récemment. Pour Sylvia Feroni, cette exposition monumentale est aussi l’occasion d’appréhender la carrière unique de cet homme "inventeur des festivités dans les cours royales". Pour les empereurs Maximilien II et Rodolphe II, il met en scène la vie de cour, dessinant des costumes et des chars pour les grands événements. Nombre de ses dessins sont à admirer au musée du Luxembourg dans cette exposition, véritable plongeon dans la Renaissance italienne. S’il n’a pas eu par la suite d’élèves à proprement parler, Arcimboldo a influencé de nombreux peintres et sera très souvent copié. Quelques siècles plus tard, le mouvement surréaliste récupérera son art fantastique. À ne pas manquer.
Arcimboldo
Musée du Luxembourg - 9 rue de Vaugirard - 75 006 Paris
Tél : 011 33 1 42 34 25
www.museeduluxembourg.fr
Jusqu’au 13 janvier 2008



