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DIMANCHE 14 MARS 2010

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Actualité

Affaire UIMM : le Medef poursuit sa chasse aux corrompus

Affaire UIMM : le Medef poursuit sa chasse aux corrompus

Eric Feferberg/AFP/Getty Images

La présidente du Medef Laurence Parisot sur le perron de l'Élysée en mai 2007, avec Denis Gautier-Sauvagnac, à l'époque n°2 du syndicat.

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11 avril 2008

Nouveaux rebondissements dans l’affaire qui oppose le Medef à l’Union des industries et de la métallurgie. Rappel des faits.

Présidente du Mouvement des Entreprises de France (Medef, syndicat du patronat) depuis juillet 2005, Laurence Parisot, première femme à accéder à ce poste, a entrepris une chasse aux corrompus au sein du syndicat des patrons. Mis en examen en janvier dernier pour "abus de confiance, recel d’abus de confiance et travail dissimulé", l’ex-président de l’UIMM, Denis Gautier-Sauvagnac (DGS), a été l’un des premiers à faire les frais de la politique de blanchissement du Medef, et à déclencher un scandale dans le milieu du patronat comme dans la société française en général.

Mis en examen le 15 janvier dernier après avoir été accusé d’avoir autorisé des retraits en liquide d’un montant de 19 millions d’euros sur les comptes de l’UIMM entre 2000 et 2007, DGS avait déjà été contraint de renoncer à son mandat de négociateur au MEDEF en octobre 2007, puis à quitter la présidence de l’UIMM le mois suivant. Cette affaire a mis au jour l’existence d’une "caisse noire", mise en place par le syndicat des patrons en 1972 de manière à indemniser les dirigeants en période de grève, pour les aider à rester fermes face aux revendications des salariés.

L’affaire avait été médiatisée de nouveau en février 2008, lorsque la fédération patronale de la Métallurgie avait confirmé, le jeudi 28 février, que DGS avait négocié une indemnité de départ de 1,5 million d’euros, ainsi que la prise en charge par l'organisation des conséquences fiscales de l'affaire des retraits de fonds suspects de ses caisses. En accordant une somme si importante à DGS pour son départ, les dirigeants de l’UIMM ont en fait acheté une "clause de silence", qui garantie la discrétion de l’ex patron de l’UIMM sur l’utilisation de ces 19 millions d’euros. Cette révélation a suscité l’indignation de la présidente du Medef, qui avait déclaré sur France 2 le samedi 1er mars: "Octroyer de tels avantages dans de telles circonstances, c’est méprisant et méprisable".

Laurence Parisot a en effet choisi de placer son mandat sous le signe d’une modernisation des structures de représentations patronales, ce qui passe par un assainissement des équipes dirigeantes, parfois corrompues. Après l’annonce de la somme octroyée à DGS pour son départ, Laurence Parisot avait demandé à tous les patrons d’organismes paritaires de remettre au MEDEF leur mandat, de manière à répondre à "un enjeu de crédibilité et d’éthique". Le nouveau président de l’UIMM, Frédéric Saint Geours, qui souhaite accompagner Laurence Parisot dans sa démarche et établir une réorganisation de la direction fédérale de l’organisation, avait proposé de nouveaux noms pour la présidence de l’Unedic (assurance chômage) ou encore de l’Agirc (retraite des cadres du secteur privé), l’UIMM refusant cependant de rendre la totalité de ses mandats.

Jusqu’à présent, cinq personnes sont mises en examen dans cette affaire, principalement pour "abus de confiance". Parmi elles se trouve Daniel Dewavrin, ancien président de l’UIMM de 1999 à 2006, à qui avait succédé DGS à la tête de l’UIMM. Ces deux hommes avaient par ailleurs affirmé au lendemain de l’annonce de la mise en examen de DGS, que la présidente du Medef était au courant de l’affaire avant l’été 2007. "A mon avis, elle ne dit pas qu’elle savait depuis longtemps que ces choses là existaient et qu’elle en a tiré profit pour mener sa politique" avait alors déclaré Daniel Dewavrin. Suite à cette accusation, Laurence Parisot avait engagé des poursuites contre les deux hommes pour "diffamation". Depuis ce jour, elle ne cesse de répéter qu’elle n’a été au courant de l’existence de cette "boîte noire" qu’en septembre dernier, lorsqu’une journaliste lui a fait part de l’information à la veille de publier l’affaire dans le Figaro le 25 septembre dernier.

D’après un article publié dans le Monde le 10 avril 2008, il serait possible que les fonds de 19 millions d’euros aient servis au financement de syndicats ou encore à celui de partis politiques. Pour le moment, DGS se borne à reconnaître avoir versé 18 ,9 millions d’euros entre 2000 et 2007 à des "organismes de la vie sociale", refusant cependant de donner le nom des bénéficiaires.

Le 10 avril dernier, une perquisition a eu lieu au siège du Medef. Le but était de trouver des indices prouvant que Laurence Parisot était, comme l’accusent DGS et Dewavrin, au courant de l’existence de la caisse noire depuis le début de son mandat en 2005. D’après Libération, aucune preuve ne semble avoir été trouvée, renforçant les déclarations de la présidente du Medef, qui assure dans un communiqué "collaborer pleinement et en toute transparence avec les autorités judiciaires afin de les aider à faire la lumière dans l’affaire de l’UIMM."

DGS est quant à lui convoqué chez le juge le 16 avril prochain, où il devra s’expliquer sur le retrait des 19 millions d’euros.

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