Mères porteuses : le débat est ouvert
Emmanuel Dunand/AFP/Getty Images
Henry Hietikko-Parsons est né d'une mère porteuse, engagée par Jeffrey Parsons et Chris Hietikko, un coupe homosexuel de New York.
10 juillet 2008
En France, la polémique sur la légalisation de la gestation pour autrui fait rage depuis la fin juin dans les rangs du nouveau groupe de travail sénatorial presidé par Michèle André (Puy-du-Dome, PS). À l’inverse, la pratique est plutôt répandue aux États-unis, en particulier au sein des couples homosexuels, qui se qualifient volontiers de “pionniers”.
Rencontre avec deux familles gay américaines, pionnières de la maternité de substitution. Cliquez sur la vidéo pour la visionner.
Ron Poole-Dayan est fier de ses jumeaux. Il les présente, sous l’oeil attendri de Greg, son partenaire. Il raconte la grossesse portée par Eva et l’"expérience fabuleuse” qu’ils ont tous vécue ensemble, dans un climat de “confiance optimale”. Mike, lui, est un père célibataire, qui voulait absolument avoir des enfants avant la quarantaine. S’il n’a pas trouvé “l’homme de ses rêves”, il a accompli son désir familial avec ses jeunes jumeaux, épaulé par sa famille qui, bien que conservatrice, l’a toujours soutenu dans ses choix de vie.
En France, la ministre du logement Christine Boutin a mis en place une pétition contre la légalisation de la maternité de substitution. Une pratique qui jusqu’ici avait été prohibée par la loi de 1994, relative au respect du corps humain.
Parmi les députés réfractaires, Olivier Jardé (Somme, Nouveau Centre) a affirmé sa réticence au projet de mise en forme d’un cadre légal pour les mères porteuses, craignant l’institution de trafics d’ovules.
Pour Nadine Morano, secrétaire d’État à la famille, “l’opinion n’est pas prête pour permettre l’accès (à la pratique de la gestation pour autrui) aux couples homosexuels”. “Je n’y suis pas favorable”, a-t-elle ajouté. Le débat porte sur une légalisation pour des couples en âge de procréer, qui sont dans l’impossibilité d’avoir des enfants pour raisons médicales. Les couples gays semblent encore exclus du cadre légal des mères porteuses en discussion en France, et la question de la rémunération ou du dédommagement reste un problème.
Aux États-Unis, Ron, Mike et la plupart des couples qui ne peuvent pas avoir d’enfant sont prêts à dépenser des dizaines de milliers dollars pour bénéficier d’une maternité de substitution. Sur les bancs du Sénat parisien, seul un “dédommagement raisonnable” aurait été évoqué, parmi d’autres rumeurs sur la loi à venir.
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