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SAMEDI 13 MARS 2010

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Actualité

Pendant ce temps-là en France

Pendant ce temps-là en France

Eric Piermont/AFP/Getty Images

La patronne des patrons Laurence Parisot (ici en conférence de presse le 20 mai dernier), a jeté un pavé dans la mare en demandant la suppression de l'ISF.

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04 septembre 2008

La rentrée des classes, la nomination de John McCain, le débat autour du fichier Edvige, la suppression de l'ISF, le bilan des vacances de Français, et Christian Clavier sont dans la presse française cette semaine.

C’est la rentrée ! A la télé, au travail, et, de façon plus symbolique encore, à l’école ! La rentrée des classes concerne cette année 12 millions d’élèves, avec quelques nouveautés dans les salles de classe. La première, et la plus visible d’entre elles, c’est la suppression des cours le samedi matin et l’instauration quasi-officielle de la semaine de quatre jours. Une réforme qui n’est pas du goût de tout le monde. "La France sera la seule en Europe à appliquer ce système de concentration des heures de cours dans la semaine", affirme Laurent Joffrin dans Libération. "Le samedi libre plaît surtout à ceux qui ont les moyens de partir régulièrement dans une résidence secondaire et qui forment la partie la plus à l’aise de la population. La plupart des spécialistes, eux, se prononcent, parfois avec virulence, contre un emploi du temps qui raccourcit la semaine en allongeant la journée et risque donc de faire supporter aux enfants une fatigue qui handicapera d’autant la pédagogie." Si les profs se sont peu faits entendre sur ce sujet, c’est peut-être parce qu’ils ne manquent pas d’autres combats à mener, "au premier rang desquels figurent les suppressions de postes par le non-renouvellement de départs en retraite: 11 200 en cette rentrée, mais déjà 13 500 programmés pour 2009 et l'assurance que le processus se poursuivra ultérieurement", rappelle Le Monde. "Le président de la République et le ministre de l'éducation ont beau réaffirmer leur entière considération envers les enseignants, le message que portent les réductions de postes peut être difficilement perçu comme valorisant envers la profession dans son ensemble." Un murmure de contestation et de grève plane déjà sur l’école, quelques jours seulement après la rentrée. Drôle d’ambiance… Affable, Le Figaro préfère évoquer la volonté de Xavier Darcos, le ministre de l’Education nationale, de former des lycéens bilingues: "Des stages linguistiques seront proposés dans tous les lycées une semaine pendant les vacances de février et deux semaines au cours des vacances d'été. Destinés aux lycéens volontaires, par groupes d'une dizaine d'élèves, ils seront conduits par des professeurs volontaires payés en heures supplémentaires ou "des lecteurs ou répétiteurs étrangers". Pour les lycéens de terminale, il sera même proposé à cette occasion le passage du Toefl, un test d'anglais de niveau universitaire reconnu à l'échelle internationale." Reste à savoir si trois semaines supplémentaires dans l’année suffiront à combler les lacunes des élèves français dans la langue de Shakespeare…

Restons dans le monde anglo-saxon. Après Obama la semaine dernière, les médias français se sont évidemment fait l’écho cette semaine de la nomination de John McCain lors de la convention républicaine. Mais, comme en Amérique, c’est surtout l’inconnue Sarah Palin qui a fait rugir la presse française. Bien sûr, il est question de la "grossesse gênante" de Bristol, 17 ans, mais là n’est pas le cœur du débat. "Le choix de cette novice en politique, aux casseroles bien sonores, trouble et pose des questions gênantes sur la manière qu’aurait de gouverner le candidat McCain", glisse ainsi Libération. "Est-ce qu'on s'est trompé de McCain?", s’interroge Le Monde. En nommant comme colistière Sarah Palin, militante pro avortement et partisane de l’enseignement du créationnisme, il semble abandonner le costume original qu’il s’était taillé au fil des années pour reprendre celui de la droite religieuse. "On pensait que l'élection se jouerait au centre", reprend Le Monde. "Avec Sarah Palin, McCain veut rassembler à droite; il entend opposer l'Amérique des "vraies gens" à celle des élites sorties de Harvard qu'est censé incarner le candidat démocrate, Barack Obama. On pensait que McCain aurait à coeur de se distinguer d'un George W. Bush, très impopulaire. La convention de Minneapolis s'est voulue l'héritière de la politique de l'actuel président. McCain paraît donner raison à la propagande d'Obama: elle le campe en héritier de Bush." Pour Nicole Bacharan, spécialiste de la société américaine pour Le Figaro, cette nomination devrait polariser encore davantage l’élection et livrer un message décisif sur l’Amérique actuelle: "En choisissant cette colistière, John McCain prend le risque de diviser à nouveau le pays selon les clivages moraux et religieux qui lui ont fait tant de mal. Depuis cette annonce, les fondamentalistes sont (aux dires de Ralph Reed, ancien chef de la "coalition chrétienne"), "au-delà de l'extase". Ils se lancent à fond dans la bataille. L'électorat démocrate est tout autant motivé. Événement déjà historique (avec le premier candidat noir), l'élection de 2008 est donc également devenue un test in vivo de l'état réel de la société américaine. Avec pour nouvel enjeu, la liberté des femmes."

Enfin, on aurait voulu évoquer ici les débats ayant agité le PS lors de son université d’été, à La Rochelle, mais vu leur teneur, il nous est apparu plus urgent de nous faire l’écho du débat naissant autour du fichier Edvige. Késako? Edvige est un acronyme, pour Exploitation documentaire et valorisation de l’information générale. Derrière cette appellation barbare, un fichier de police destiné à collecter des informations sur toute "personne physique ou morale ayant sollicité, exercé ou exerçant un mandat politique, syndical ou économique ou qui joue un rôle institutionnel, économique, social ou religieux significatif", mais aussi sur toute personne à partir de 13 ans ou sur tout groupe ou organisation "susceptibles de porter atteinte à l'ordre public". Bref, un instrument sécuritaire qui alimente la polémique sur l’entreprise de fichage de la population, et auquel s’oppose déjà associations et partis de gauche. Le Monde se range à leurs côtés: "La défense de l'ordre public ne saurait justifier pareille menace sur les libertés individuelles. Par principe autant que par respect de la Convention européenne des droits de l'homme, l'Etat a une obligation au moins égale de protéger la vie privée des citoyens. (…) Passer ainsi d'une société dans laquelle chacun est présumé innocent à une autre dans laquelle c'est la culpabilité de tous qui est présumée constitue une dérive dangereuse pour l'état de droit." Même opposition chez Libération, qui avertit: "Big Edvige vous regarde": "On sait bien que la suppression pure et simple des libertés publiques rendrait la vie des policiers bien plus facile. C’est pourquoi la tradition démocratique a tracé une ligne rouge pour protéger le citoyen de ses protecteurs. Il semble bien que, cette fois, elle ait été franchie."

La phrase de la semaine: "Il serait sain de supprimer l’ISF". Tirant parti des cacophonies gouvernementales autour de l’impôt sur la fortune, la présidente du Medef Laurence Parisot a relancé le débat autour de sa suppression. Interrogée sur RMC, la patronne des patrons a dénoncé cet impôt qui a "une charge symbolique très forte est en réalité une catastrophe économique" et jugé que sa suppression serait "le meilleur moyen de conserver des investisseurs dans notre pays et de faire venir d'autres investisseurs qui ont quitté notre pays". Tous les patrons ne sont pas d’accord, notamment ceux de PME: "La suppression de l'ISF, c'est un faux débat; on sait très bien que l'État n'en a pas les moyens et qu'il faudrait remplacer cet impôt par un autre", affirme ainsi Benoît Defoug, PDG de 720 degrés, dans les pages du Figaro. "L'investissement de l'ISF dans les PME apporte une vraie solution à de vrais problèmes en permettant de lever des fonds à des conditions raisonnables."

Le chiffre de la semaine: 48%. C’est la proportion de Français qui ne sont pas partis en vacances depuis un an, selon une étude du Credoc (Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie). Ils n’étaient que 44% l’an dernier à la même époque, soit une hausse moins importante qu’envisagée. Les Français restent attachés aux vacances, mais adoptent de nouveaux comportements. "Il est fini, le temps où l'on passait un mois de vacances soit à la plage, soit à la montagne", explique Hervé Novelli, secrétaire d’Etat au tourisme, dans les colonnes du Monde. "Les vacances sont désormais plus courtes et plus thématiques. On voit naître un tourisme événementiel où l'on couple ses vacances à un événement, comme en témoigne le succès de Marciac et de son festival de jazz ou de Rouen avec son Armada."

La personnalité de la semaine: Christian Clavier. L’acteur français est au cœur de l’actualité après l’occupation du jardin de sa villa corse par des militants nationalistes. Consécutivement, le coordinateur des forces de sécurité en Corse, Dominique Rossi, a été licencié pour sa mauvaise gestion de l’événement. L’affaire se "corse" (c’est le cas de le dire) quand on sait que Christian Clavier est un ami proche de Nicolas Sarkozy. "On a foulé le sol sacré de Jacqouille la Fripouille", s’amuse Dominique Dhombres dans Le Monde. "Evidemment, dès lors qu'il s'agit d'un ami du président, reconnu et estampillé comme tel, il ne fallait pas barguigner. Il fallait faire donner l'armée! D'abord un petit barrage d'artillerie, peut être, un appui aérien évidemment, et puis l'assaut des commandos. Où est-ce qu'il a appris son métier, ce policier réputé calme, courtois et méthodique? Quand la pelouse et la piscine d'un ami du président sont violées, on ne réfléchit pas, on fonce. Okaaaaaaay?"

La vidéo de la semaine: L’interview dans Paris-Match des talibans qui reconnaissent avoir agressé et tué les soldats français en Afghanistan fait grand bruit. Retour en vidéo sur les coulisses de cet entretien scandale:
http://www.dailymotion.com/

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