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Interview à New York: Lou Doillon sur les planches pour la première fois![]()
Lou Doillon, actrice et mannequin de 26 ans, fille du cinéaste Jacques Doillon et de la chanteuse Jane Birkin est au théâtre pour la première fois. C'est à New York, où elle joue dans The Image, pièce adaptée de Samuel Beckett et mise en scène par Arthur Nauzyciel au festival Crossing the ligne de l'Alliance Française, que France-Amérique l'a rencontrée, la voix rauque et l'œil cerné de bleu. France-Amérique : Comment avez-vous approché et interprété un texte aussi opaque ? Beckett, qui était obsédé par la langue française, a écrit ce texte en français. Moi, quand j'écris des chansons, je le fais toujours en anglais, parce que l'ambiguïté de la langue anglaise me plait. Mais j'ai aussi grandi avec Serge (Gainsbourg) qui avait le goût des mots, et aimer leur donner plusieurs sens superposés. Jouer The Image c'est génial pour un acteur. Au cinéma on n'aura jamais un dialogue aussi dingue.
L.D : Oui avec Arthur Nauzyciel, dans un an et demi nous allons jouer avec sa compagnie Sonate d'automne, de Bergman à Orléans. Je rentre bientôt à Paris pour commencer le tournage d'un petit film suisse avec Bernadette Lafont. C'est l'histoire étrange d'une mère qui tombe amoureuse d'un jeune homme, ce qui rend sa fille furieuse. Je tourne aussi un téléfilm pour Arte, Les invincibles, adapté d'une série canadienne. F-A : Et dans la mode ? L.D : Mon fils (ndlr. de 6 ans) est à l'école à Paris, donc je vais surement en profiter pour aller voir le défilé Balanciaga.
Cadavres exquis The Image, nouvelle méconnue de Beckett, est une performance brève (45 minutes). Dans la mise en scène de Nauzyciel, trois personnages sont plantés sur un gazon, alors que sur le mur défile le texte de Beckett. Trois figures qui font écho à une parole, la voix qui s'élève d'un corps désincarné pour émettre un long monologue. Les gestes saccadés du danseur belge Damien Jalet et la musique de Mileece accompagnent la voix de Lou Doillon, son interminable débit à l'ironie mortifère. Les pantins de Beckett sont toujours déjà morts, celui-ci a « de la boue » plein la bouche. Au terme de la pièce, le corps convulsé du danceur, qui se frappe et se tord, animé d'une énergie vitale désordonnée, luttant pour s'arracher à la terre, finit par s'immobiliser, vaincu.
Infos pratiques THE IMAGE 212 307 4100 Site web:http://www.fiaf.org/events/fall2008/2008-09-crossing-the-line.shtml
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06 janvier 2009
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