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Le G7 accueilli à Washington en pleine crise financière![]() Spencer Platt/Getty Images Les marchés européens et asiatiques ont plongé aujourd' hui dans le krach boursier, accroissant la pression sur les grands argentiers du G7.
Les Etats-Unis accueillent aujourd'hui à Washington les grands argentiers du Groupe des Sept (G7) pays les plus industrialisés en plein emballement de la crise qui ravage les marchés financiers mondiaux. Les Etats-Unis se retrouveront en position d'accusés alors que la crise née il y a un peu plus d'un an à l'intérieur de leurs frontières affecte désormais l'ensemble de la finance du globe. La réunion sera d'autant plus suivie que les Bourses du monde entier ont continué de s'enfoncer après la baisse de taux annoncée simultanément mercredi par sept banques centrales. Les ministres de l'Economie et des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Grande-Bretagne, Italie et Japon) doivent se retrouver dans la salle d'apparat du ministère du Trésor américain à 14H00 (18H00 GMT). Ils devraient "discuter des démarches entreprises par chacun pour faire face à cette crise et des moyens de renforcer nos efforts collectifs", a dit mercredi l'hôte de la rencontre, le secrétaire au Trésor Henry Paulson. Le communiqué final est attendu pour 18H45 (00H45 samedi). La Russie doit rejoindre le groupe pour le dîner de clôture auquel participeront aussi un certain nombre d'experts afin d'écouter les leçons du Japon et de la Suède, deux pays s'étant sortis d'une grave crise bancaire. Le G7 aura du mal à parler d'une seule voix, comme en témoignent notamment les divergences de ses quatre membres européens sur ce qu'il convient de faire ou pas pour aider le système bancaire. Après l'annonce du plan de sauvetage des banques américaines proposé par M. Paulson et entré en vigueur vendredi, les pays du G7 avaient approuvé fin septembre les mesures exceptionnelles de soutien à l'économie prises par Washington, mais avaient refusé de suivre M. Paulson qui les appelait à voler pareillement au secours de leurs banques. Les marchés européens et asiatiques ont plongé aujourd'hui dans le krach boursier, accroissant la pression sur les grands argentiers du G7. Après avoir flirté avec les 10% de chute dans les minutes suivant leur ouverture, Londres, Paris et Francfort, entraînés par les dégringolades de Wall Street (-7,33%) et Tokyo (-9,62%), affichaient peu avant 11H00 GMT des chutes de 7,50%, 7,22% et 8,60% respectivement. Les autres Bourses européennes de Milan à Amsterdam et de Lisbonne à Athènes subissaient des pertes semblables, tandis qu'à Moscou, les autorités ont préféré carrément ne pas ouvrir les deux marchés, le RTS et le Micex. Cauchemar général en Asie également. En clôture, Hong Kong a perdu 7,2%, Sydney et Manille 8,3%, Singapour 7,34% et Bangkok 9,61%. Même la bourse chinoise de Shanghai, pourtant jusqu'à maintenant préservée, perdait 3,57%. "On dirait que la Bourse chinoise a finalement perdu pied, après avoir réussi à résister à la crise financière pendant quatre séances", a indiqué l'analyste Zhang Qi de Haitong Securities. Autre victime collatérale, le pétrole. Le baril est passé sous 80 dollars vendredi à Londres, alors que les perspectives de demande racornissent à vue d'oeil. Par rapport à ses records historiques du 11 juillet à plus de 147 dollars, le pétrole a abandonné près de la moitié (47%) de sa valeur. Après les journées noires de lundi et mercredi, les grandes Bourses affichent des reculs dignes de la définition informelle du krach une baisse des cours de plus de 20% en quelques jours qui justifient les comparaisons avec les crises de 1929 et 1987. A l'issue de sept séances consécutives de baisse, le Nikkei de Tokyo enregistre une plongeon de 24,33% sur la semaine. Et de 54,68% depuis son pic de juillet 2007, à l'aube de la crise mondiale ! La Bourse de Tokyo respirera jusqu'à mardi, lundi étant jour férié au Japon. A Paris, avant la clôture hebdomadaire, le CAC-40 perdait déjà plus de 20% depuis lundi, portant ses pertes depuis le début de l'année à 43%. Le CAC 40 pulvérise ainsi les records de baisse hebdomadaire établis après les attentats du 11 septembre 2001 (-11,42%) et début juillet 2002, après la révélation des manipulations comptables du géant américain des télécommunications Worldcom (-9,06%). "C'est la panique totale, il n'y a pas d'autre mot", commentait à New York Gregori Volokhine, analyste chez Meeschaert. "On est au-delà de la panique", renchérissait à Tokyo Oh Hyun-Seok, de Samsung Securities. Et la menace d'une contagion de la crise financière à "l'économie réelle" se fait plus pressante. Selon des analystes parisiens, la paralysie du marché interbancaire met des établissements en faillite potentielle. Par extension, les banques ne peuvent plus prêter aux particuliers et aux entreprises, déprimant consommation, marché immobilier et investissement. "Si les banquiers sont aux abonnés absents, (...) les fonds de roulement des entreprises sont directement menacés et on va aux faillites en chaîne", redoute Jean-Paul Pierret, directeur de la stratégie de Dexia. Or le mois d'octobre, déjà meurtrier lors des krachs de 1929 et 1987, est "particulièrement critique" pour les sociétés de l'hémisphère Nord, car il correspond à une levée de fonds "avant l'hiver et les dépenses de fin d'année", releve de son côté Valérie Plagnol, du Crédit Mutuel-CIC. L'Islande, dont les trois plus grandes banques ont été nationalisées cette semaine, pourrait servir de test dans cette perspective, alors que son avenir financier semble suspendu à une intervention du Fonds monétaire international (FMI) ou à un prêt massif de la Russie. Le krach et ses menaces mettent la pression sur la réunion des ministres de l'Economie et des Finances et des gouverneurs des banques centrales des sept pays les plus industrialisés. Ils devaient "discuter des démarches entreprises par chacun" et des "moyens de renforcer nos efforts collectifs", a indiqué le secrétaire américain au Trésor Henry Paulson. Le plan Paulson de soutien au secteur financier, adopté il y a une semaine, est resté impuissant à ramener la confiance des investisseurs, à l'image des nationalisations partielles décidées par Londres mercredi et des baisses de taux lancées mercredi par six grandes banques centrales. Le président George W. Bush devrait faire une déclaration à 14H00 GMT pour "assurer aux Américains qu'ils peuvent avoir confiance" car "les responsables économiques agissent énergiquement pour stabiliser notre système financier", a déclaré sa porte-parole. Selon la presse japonaise, Tokyo va proposer au G7 la création d'un fonds d'urgence d'environ 200 milliards de dollars (146 milliards d'euros) pour prêter de l'argent aux petits pays affectés par la crise financière mondiale. Le Japon, qui préside cette année le G8 (G7 plus Russie), est également prêt à convoquer un sommet extraordinaire de ce club de grandes puissances si aucune solution pour faire face à la crise financière n'émerge lors de la réunion du G7 finances vendredi, a annoncé le Premier ministre japonais Taro Aso. A Washington, les deux leaders démocrates du Congrès ont également demandé à George W. Bush de convoquer un sommet de crise du G8, une idée qu'avait aussi évoqué plus tôt dans la semaine le Premier ministre britannique Gordon Brown. Outre le G7 financier et un possible G8, Washington accueillera également à partir de samedi des réunions du G20, rassemblant les ministres et banquiers centraux des principaux pays riches et émergents, et les réunions d'automne du Fonds monétaire international (FMI) et de la Banque mondiale. France-Amérique est la plus grande publication en langue française éditée aux États-Unis. |
06 janvier 2009
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