Soeur Emmanuelle inhumée dans l'intimité et célébrée à Paris
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Soeur Emmanuelle en compagnie de l'Abbé Pierre, en mars 2003
22 octobre 2008
Soeur Emmanuelle a été inhumée mercredi matin selon son souhait dans la plus stricte intimité à Caillian dans le Var avant de recevoir un hommage officiel et solennel dans la cathédrale Notre-Dame de Paris, en présence du président Nicolas Sarkozy.
Décédée dans la nuit de dimanche à lundi à 99 ans au terme d'une longue "histoire d'amour avec les pauvres", selon les mots d'André Vingt-Trois, l'archevêque de Paris, elle repose désormais dans le petit cimetière situé sur les hauteurs du village où elle vivait depuis 1993. Soeur Emmanuelle a été inhumée dans le carré des religieuses de l'Ordre de Notre-Dame de Sion, la congrégation où elle avait prononcé ses voeux.
Peu avant 11h30, le cortège funéraire avait emporté son cercueil couvert de fleurs depuis la maison de retraite "Le Pradon" où Madeleine Cinquin -son vrai nom- s'est éteinte. Auparavant, une cérémonie d'une heure, "simple et sobre" selon le maire de Callian François Cavallier, avait été célébrée dans la chapelle de l'établissement. "Soeur Emmanuelle avait demandé des obsèques comme celle de toutes les soeurs", avait prévenu le père Maurice Franc avant le début de la messe, vers 10h00. Devant la maison de retraite, parmi une trentaine d'anonymes Josette Roustan, une habitante de Callian, confiait: "Elle était unique, on n'en aura pas d'autres comme elle, aussi généreuse".
Autre tonalité dans l'après-midi où une messe de requiem a été dite en la cathédrale Notre-Dame de Paris, placée sous haute surveillance policière. Dans les travées de la cathédrale, dont les 2.000 places étaient occupées, avaient pris place des membres de l'association Asmae, des religieuses et les officiels (une centaine de places). Les anonymes occupaient le reste de la nef et quelques milliers de personnes stationnaient sur le parvis, la préfecture de police ayant dénombré au total 5.000 personnes (intérieur plus extérieur).
Le chef de l'Etat et son épouse Carla Bruni-Sarkozy occupaient des fauteuils dorés devant les officiels, au premier rang desquels Jacques et Bernadette Chirac. Le président de l'association Asmae a d'abord lu le testament posthume de Soeur Emmanuelle dans lequel elle parle d'amour, de générosité et d'enthousiasme. Dans son homélie, le cardinal André Vingt-Trois a évoqué "la puissance de l'amour", rappelant le "basculement total" de la vie de soeur Emmanuelle au service des enfants du Caire.
"Notre véritable hommage à Soeur Emmanuelle n'est-il pas de tirer les leçons de son histoire d'amour avec les pauvres de ce monde ? (...) N'est-il pas de nous interroger sur le déséquilibre qui marque notre univers ", pour les uns la richesse et le confort, pour les autres "l'insécurité absolue sur les besoins élémentaires de l'existence ", a poursuivi le cardinal. Se demandant si Soeur Emmanuelle aurait été "à l'aise dans notre hommage national" il a estimé qu'elle aurait "jubilé de voir que sa mort est une occasion de rappeler à tous l'urgence du service des pauvres de ce monde". "L'humilité était le choix de Soeur Emmanuelle, ce que nous faisons (ndlr cette cérémonie officielle) c'est le nôtre", avait-il dit avant la cérémonie, soulignant: "Elle a suffisamment fréquenté les plateaux de télé pour ne pas avoir peur maintenant des caméras".
Samedi, selon le voeu de la religieuse, une autre messe sera dite, à la chapelle de la Médaille miraculeuse à Paris. Jeudi sortent en librairie ses mémoires (Flammarion) et son testament spirituel (Presses de la Renaissance).



