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Banlieues: les perspectives de récession font craindre le pire

Banlieues: les perspectives de récession font craindre le pire
Getty Images

Scènes d'émeutes en banlieue parisienne en 2005

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  • LES CLÉS DE L’AMÉRIQUE


Publié le 25 octobre 2008

Trois ans après les émeutes, rien de vraiment tangible n'a changé en banlieue et les perspectives de récession font redouter aux quartiers sensibles, où les taux de chômage atteignent parfois 40% de la population, d'être une fois de plus les premières victimes.

Le collectif AC le feu, fondé après les émeutes de 2005 en Seine-Saint-Denis, théâtre des premières échauffourées, tire une nouvelle fois la sonnette d'alarme: "trois ans après, nos gouvernants n'ont pas pris la mesure des problèmes. On ne voit pas grand chose", a déclaré à l'AFP son président Mohamed Mechmache. "La situation est de plus en plus alarmante" et "une action publique de grande ampleur est une urgence", dit-il. "La seule chose qui existe ce sont des effets d'annonce, un coucou tous les six mois".

Depuis la crise financière, "on a trouvé de l'argent pour les banques et les entreprises, mais quand le gouvernement va-t-il sérieusement s'occuper de trouver l'argent pour régler nos difficultés?", demande M. Mechmache. Il y a deux ans, le collectif avait porté à l'Assemblée le fruit de 20.000 "doléances" récoltées dans 120 villes de France.

Pourtant, la secrétaire d'Etat chargé de la politique de la Ville Fadela Amara veut y croire. "Depuis le début je dis que je ne suis pas inquiète. Mon budget propre augmente de 9% en 2009 et le président Sarkozy a su mobiliser chaque ministère", fait-elle valoir à l'AFP. "On a commencé à décliner toutes les mesures du plan banlieue", dit-elle, citant, pour l'éducation, "le busing, les pôles d'excellence, les internats, le soutien scolaire en zones prioritaires". En ce qui concerne l'emploi, le plan Espoir-Banlieue, annoncé par Nicolas Sarkozy en février et dont la mise en oeuvre dans 250 quartiers prioritaires a été lancée en juin, vise la création de 45.000 contrats d'autonomie pour les jeunes sur trois ans.

Mais sur le terrain, tout est très long à mettre en place. Les contrats d'autonomie par exemple, si tout se passe bien, ne seront que 4.300 d'ici la fin de l'année. "C'est vrai, il faut monter en puissance", concède Mme Amara. Néanmoins, elle se félicite de l'arrivée dans les "quartiers" des premiers délégués des préfets - 350 sont prévus -. "C'est le retour de la République dans les territoires", dit-elle. Mme Amara espère pouvoir aligner de bons résultats au prochain CIV (Comité interministériel des villes) prévu en décembre.

Mais, chez les élus de banlieue, c'est l'inquiétude. François Pupponi, député-maire PS de Sarcelles (Val d'Oise), se désespère. "La baisse du chômage n'avait pas encore été vraiment sensible chez nous, dit-il, mais là, on est touché de plein fouet par le chômage sur l'intérim". "On est inquiet aussi pour le logement. Les projets Anru (rénovation urbaine) commencent à ralentir. Les conventions devaient être revues, étant donné la hausse des coûts, et maintenant, on nous dit qu'il n'y a plus d'argent", poursuit-il, en ajoutant: "dans le logement privé, c'est pareil. On arrivait à faire de l'accession à la propriété, mais là, les banques ne prêtent plus".

"Les différences territoriales se sont accrues depuis 2005", affirme le maire PCF de Sevran, Stéphane Gatignon, pour qui "avec la crise, il va y avoir un nouveau décrochage". "On ne peut pas prévoir les formes de la révolte mais il y en aura", dit-il, soulignant que dans certains quartiers "le chômage atteint 35% des jeunes. Il faut un projet politique urgent".

 

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