Soirée sobre pour les Afro-Américains républicains de New York
Mathilde Schneider
Quelques membres du Hip Hop Republican Club
05 novembre 2008
Une vingtaine de républicains, emmenée par le Manhattan for McCain Club s’est réfugiée au premier étage d’un pub de la cinquième avenue. Rencontres avec les animateurs du Hip Hop Republican Club, le blog des Afro-Américains républicains.
« God bless America. We are going to need it » soupire Brandon Brice, économiste républicain et contributeur actif du Hip Hop Republican Club, le blog des Afro-Américains républicains, peu après 23h, ce mardi 4 novembre. La télévision qui lui fait face vient d’annoncer que Barack Obama, dépassant la barre des 270 grands électeurs nécessaires à la victoire, vient de devenir le 44ème président américain.
Une vingtaine de républicains, emmenée par le "Manhattan for McCain Club" s’est réfugiée au premier étage d’un pub de la cinquième avenue. L’ambiance, déjà plombée depuis l’annonce de la victoire démocrate dans l'Ohio, se détériore encore. « Je suis un citoyen avant d’être un homme noir. », continue Brandon Brice, qu’on interroge sur la question raciale, « Bien sûr, Obama est un symbole, mais ce qui est important au bout du compte, c’est la richesse créée dans le pays, et le socialisme n’est pas la solution. »
Patty L., qui se définit elle-même d’abord, comme juive républicaine, frémit quant à elle à l’idée que Barack Obama s’assiéra « à la table des terroristes, sans conditions. ». L’ambiance est sombre et sobre : le Hip Hop Republican club boit de l’eau. Un peu plus loin, un petit groupe téméraire, assis près du bar, entame à tue-tête des chants patriotiques, comme pour conjurer le mauvais sort : « The Cassons go rolling along » (chant militaire traditionnel) ou l’hymne de l’US Air Force…
Ils peuvent soutenir John McCain pour diverses raisons, mais tous ont en commun l’impression d’être à New York en terrain miné. Jacqueline P., qui refuse de donner son nom de famille parce qu’elle travaille pour une école publique, explique qu’elle affichera un sourire silencieux demain parmi ses collègues libéraux… Au même moment, au rez-de-chaussée envahi de supporteurs démocrates, une nouvelle ovation se lève : Barack Obama monte sur scène pour son premier discours de président. Brandon Brice, lui, demande l’addition.



