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Le G20 réuni pour tenter d'apporter une réponse concertée à la crise![]() Getty Images
Les dirigeants des grands pays industrialisés et économies émergentes (G20) se réunissent pour la première fois vendredi à Washington pour élaborer une stratégie concertée face à la pire crise financière depuis 1929, qui contamine rapidement l'économie mondiale. Les Etats-Unis, puissance invitante très réticente au départ, veulent désormais qu'"un plan d'action" pour une réforme du système financier international soit adopté à l'occasion de ce sommet qui débute vendredi par un dîner de travail à la Maison Blanche et se termine samedi. Les 20 participants vont tenter de "répondre à la crise actuelle et jeter les bases de réformes pour empêcher qu'une telle crise ne se reproduise à l'avenir", a expliqué vendredi le président américain George W. Bush. Mais sa marge de manoeuvre sera étroite car il est sur le départ et son successeur Barack Obama ne prend ses fonctions que le 20 janvier. Du côté des Européens, on reconnaît désormais que la réunion ne sera qu'un coup d'envoi et ne débouchera pas sur un Bretton Woods II, du nom des accords ayant donné naissance en 1944 à l'architecture financière actuelle. Le président russe Dmitri Medvedev a dit jeudi "soutenir l'idée" de son homologue français Nicolas Sarkozy d'organiser un deuxième sommet en février, a indiqué une porte-parole du Kremlin en marge du sommet UE-Russie à Nice. Dmitri Medvedev s'est montré très proche des demandes européennes pour le sommet de Washington, se prononçant pour une refonte du système international et de ses grandes institutions, le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. "Je crois pouvoir dire que les propositions russes sont de grande qualité et qu'elles se rapprochent beaucoup des propositions européennes", s'est réjoui M. Sarkozy. Mais il semble difficile de prendre des engagements, d'autant que l'administration Bush était jusqu'à récemment adepte de la dérégulation et reste totalement opposée à l'instauration d'une autorité régulatrice mondiale. George W.Bush a également rejeté tout interventionnisme exagéré des Etats. Mais, faisant preuve de bonne volonté dans un discours jeudi, il a tracé des pistes de réflexion: améliorer la gestion des risques par les banques, combattre l'opacité et les malversations sur les marchés et améliorer les règles comptables de chaque pays concernant les titres financiers. Les Américains sont également favorables à une réforme du FMI et de la Banque mondiale pour y accroître le poids des pays émergents. Parmi ces derniers, la Chine a assuré vendredi que son économie pouvait garder le cap et aider l'économie mondiale. "Cette crise est un défi sérieux, qu'il ne faut absolument pas sous-estimer", a relevé Mu Hong, vice-président de la Commission pour la réforme et le développement (CNRD, planification économique), tout en assurant qu'elle aurait un impact limité sur le système financier chinois. La Chine semble prête à aider, notamment à travers des prêts et en évitant les ventes de panique des importants actifs chinois à l'étranger. La crise a éclaté il y a un an aux Etats-Unis sur le marché immobilier avant de se propager à tout le secteur financier miné par des produits sophistiqués, devenus brutalement sans valeur. Avec des banques en panne de liquidités et ne se faisant plus confiance, le marché du crédit s'est brutalement asséché, les entreprises ont eu du mal à se financer et les bourses mondiales ont dégringolé. Plusieurs produits et institutions financières sont peu ou pas du tout réglementés actuellement: les fonds spéculatifs (hedge funds), les CDS (Credit default swaps, contrats d'assurance sur le non remboursement d'un emprunteur) et les agences de notation. La France, très en pointe pour exiger une surveillance accrue de la finance internationale, aimerait que les paradis fiscaux soient ajoutés à la liste. "Ces entretiens vont être difficiles", a estimé la chancelière allemande Angela Merkel, tout en soulignant l'urgence de mettre en oeuvre les premières mesures de réforme financière. Le sommet du G20, groupement né en 1999 après les crises asiatique et russe, regroupera le G8 (Allemagne, France, Etats-Unis, Japon, Canada, Italie, Royaume-Uni et Russie), l'Union européenne et 11 pays émergents (Argentine, Australie, Arabie Saoudite, Afrique du sud, Brésil, Chine, Corée du Sud, Inde, Indonésie, Mexique, Turquie). La France a cédé à l'Espagne l'un des deux sièges dont elle dispose en tant que présidente en exercice de l'UE. France-Amérique est la plus grande publication en langue française éditée aux États-Unis. |
06 janvier 2009
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