Timothy Geithner futur secrétaire du Trésor de l'administration Obama
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Timothy Geithner, secrétaire du Trésor
21 novembre 2008
Timothy Geithner, confirmé dimanche par l'équipe Obama au poste de futur secrétaire au Trésor, est un haut fonctionnaire discret et brillant, qui va devoir juguler la pire crise financière depuis 70 ans et sortir l'économie de la récession. A l'heure où même le géant Citigroup vacille.
Ce New-Yorkais de naissance, passionné d'Asie à laquelle il a consacré une partie de ses études, et dont la famille a vécu dans de nombreux pays, serait, à 47 ans, appelé aux commandes de la première économie mondiale dans des temps extrêmement difficiles.
Entre une activité économique en recul brutal, un secteur financier et des marchés en déliquescence, un chômage qui grimpe et une consommation plus que jamais déprimée, le rôle du prochain secrétaire au Trésor sera crucial et sa tâche très délicate.
"Avec la crise qui se poursuit sur les marchés financiers, Obama s'active à mettre son équipe économique en place, de manière à ce qu'elle puisse commencer à travailler immédiatement après son investiture le 20 janvier", s'est félicité Augustine Faucher, directeur de la recherche macro-économique Economy.com, de Moody's.
Le profil de M. Geithner présente le double avantage de satisfaire et les marchés financiers et les adversaires de l'actuel titulaire du poste, Henry Paulson.
En grimpant en flèche en fin de séance, la Bourse de New York a salué vendredi avec enthousiasme l'évocation de son nom. Les investisseurs ont ainsi livré leur opinion sur la valeur de son travail depuis cinq ans comme président de la Banque de réserve fédérale de New York, traditionnel intermédiaire entre Fed et marchés financiers. Ils ont même "plané", a souligné Art Hogan, analyste chez Jefferies.
En tant que fidèle du département du Trésor, où ce haut fonctionnaire a effectué la majeure partie de sa carrière, cette nomination présenterait les garanties d'une certaine continuité dans la politique économique.
M. Geithner, par sa jeunesse (15 ans de moins que M. Paulson) et son pragmatisme, incarnerait aussi une forme de renouvellement, bien plus que les deux autres noms qui ont été évoqués, Lawrence Summers, déjà secrétaire au Trésor de 1999 à 2001, ou que l'ancien président de la Fed Paul Volcker (81 ans). Sa fidélité au service de l'Etat serait en outre un gage d'indépendance apprécié par les contempteurs de M. Paulson, considéré trop proche des milieux financiers après avoir été débauché en 2006 de son poste de PDG de la banque d'affaires Goldman Sachs.
Etant donné l'importance du poste de président de la Fed de New York, nul ne pourra non plus lui objecter son inexpérience. Cette branche régionale est entre autres l'institution chargée d'émettre les titres de la dette publique des Etats-Unis, un sujet sensible en ces temps de chute des recettes budgétaires et d'extrême tension sur les marchés financiers.
M. Geithner est aussi l'un des principaux artisans des mesures d'exception prises par la Fed pour aider l'économie américaine à passer la crise actuelle, dont les sauvetages de banques, ou la multitude d'innovations mises en place par la banque centrale et le Trésor pour tenter de contrer un tarissement du crédit. Au sein de la Fed, il a aussi été un fidèle lieutenant pour le président Ben Bernanke, défendant sa politique énergique de baisse des taux et de soutien au secteur privé.
Vendredi, les médias donnaient par ailleurs Bill Richardson comme un possible secrétaire au Commerce. Le seul gouverneur hispanique des Etats-Unis (au Nouveau Mexique), 61 ans, était un ancien rival de M. Obama dans la primaire démocrate. Il a la réputation d'un fin négociateur.



