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Pendant ce temps-là en France

Pendant ce temps-là en France
RESF/AFP/Getty Images

Le feu qui a ravagé le centre de rétention de Vincennes le 22 juin n'a fait aucune victime.

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  • LES CLÉS DE L’AMÉRIQUE


Publié le 26 juin 2008

La suppression de la publicité sur la télévision publique, l'agression d'un jeune juif à Paris, l'incendie su centre de rétention de Vincennes, Carla Bruni à Libération, et la pub du gouvernement ont fait l'actualité en France cette semaine.

A quoi ressemblera la télévision de l'avenir ? On est en droit de se le demander, après la présentation des très attendues conclusions de la commission Copé. La publicité devrait donc disparaître des chaînes de télévision publique en deux temps : dès le 1er septembre pour les programmes après 20h, avant une suppression définitive à l'horizon 2012. Reste le problème du financement: "Pour la première période, comme France Télévisions conserve la pub avant 20 heures, c'est 450 millions d'euros qu'il faut trouver. Et pour la seconde après 2012, sans pub du tout, il faut 650 millions d'euros", chiffre Libération."Vu le veto présidentiel à une augmentation de la redevance (l'une des moins chères d'Europe), la commission a bricolé un mille-feuilles de taxes et réaffections." Outre l'indexation de la redevance sur l'inflation, le gros des rentrées devrait venir d'une taxe de 0,5% sur le chiffre d'affaires des télécoms et fournisseurs d'Internet, soit en gros 200 millions d'euros. Le projet en réjouit certains. "Après ce big bang réglementaire, la voie à suivre est simple pour les chaînes publiques", affirme ainsi Le Figaro. "Elle pourrait se résumer à un slogan d'autrefois: "Regardez la différence." Cela ne signifie nullement le repli dans un ghetto culturel réservé à une élite, mais, au contraire, la volonté de diffuser auprès d'un large public des fictions de qualité, des documentaires audacieux, des magazines innovants, des spectacles vivants, hardis. Bref, le secteur public doit être un espace ouvert à tous les créateurs." Des voix discordantes se font cependant jour, plus aiguës encore depuis l'annonce de Nicolas Sarkozy de la nomination de France Télévisions par l'Elysée. "On l'a déjà dit ici même: la télévision publique est tout sauf un modèle de bonne organisation et de qualité garantie. La désignation de son patron, tout sauf un modèle de transparence. Ce n'est pas une raison pour lui casser les reins", s'emporte Le Monde. "Le rôle des chaînes publiques - informer, instruire et divertir les Français - est trop important pour en laisser la maîtrise à un seul homme, fût-il président de la République."

Alors que le même Nicolas Sarkozy était, cette semaine, en visite d'Etat en Israël, l'actualité a été marquée par l'agression d'un jeune Juif, réveillant ainsi le douloureux spectre de l'antisémitisme. Les circonstances ont été longues à éclaircir dans cette histoire, mais il apparaît qu'elles sont le résultat d'affrontements entre bandes communautaires rivales, noires d'un côté, juives de l'autre. Le drame s'est ainsi noué "en trois actes" samedi aux abords des Buttes-Chaumont, comme le raconte Libération, selon une mécanique implacable de revanches et d'accroissement de la violence. "Des représailles vont suivre vers 19 heures square Petit, près de la cité éponyme où habitent de nombreux jeunes d'origine africaine et maghrébine. Des témoins font état de l'arrivée d'une "bande de jeunes juifs" criant: "On va les taper." De violents affrontements éclatent alors dans le square. En infériorité numérique semble-t-il, "la bande des jeunes juifs prend la fuite, mais l'un d'eux est bloqué", a relaté hier le procureur. Il s'agit de Rudy H. qui sera victime d'un lynchage". Le jeune Juif de 17 ans, déjà connu de la justice pour des violences intercommunautaires, est sorti du combat au bout de 36 heures, provoquant l'émoi de la population, qui a d'abord cru à un guet-apens antisémite. L'affaire fait notamment suite à l'attaque, par quelques 300 voyous, de lycéens fêtant la fin du bac sous la Tour Eiffel. Le Figaro parle ainsi de "syndrome Orange Mécanique "pour décrire ce phénomène de violence gratuite. "Longtemps, l'excuse sociologique a tenu lieu d'explication. La misère, l'exclusion sociale ou raciale, le délitement de la cellule familiale, le désespoir psychologique, l'urbanisation anarchique. La délinquance de voie publique était l'arme, disait-on, d'une revanche contre la société, contre soi-même. Même si elle recèle une part de vérité, cette interprétation ne peut tout justifier." Le constat est sans doute le bon. Reste à savoir si la répression policière, recommandée par le quotidien, constitue l'arme la plus efficace pour l'éradiquer.

Cette actualité se télescope d'ailleurs avec une autre, en partie liée: l'incendie d'un centre de rétention à Vincennes. Le plus grand centre français a été ravagé par les flammes, "par un feu vraisemblablement allumé sur plusieurs matelas par des étrangers en attente d'expulsion", comme le raconte Le Figaro. Si aucun mort n'a été à déplorer, la polémique a toutefois très vite enflé après cet incendie, la police et l'UMP dénonçant la "tension" créée par l'association RESF (Réseau Education Sans Frontière), qui manifestait devant le bâtiment ce jour-là. Dans les médias, on a surtout rejeté la faute à la politique du gouvernement d'arrestations et de reconductions à la frontière. "La politique du chiffre revendiquée par le gouvernement peut-elle produire autre chose qu'une aggravation des tensions?", s'étonne ainsi Libération. "On parle de "retenus" à propos des sans-papiers regroupés dans ces centres. Mais cette litote, on le sait bien, désigne en fait une forme d'emprisonnement, qui frappe la plupart du temps des hommes et des femmes honorables dont le seul tort est de vouloir travailler et vivre en paix." Pour Le Monde, qui rappelle le durcissement des lois partout en Europe concernant l'immigration, c'est l'image de la France qui brûle avec ce bâtiment symbolique. Et le quotidien de réclamer une amélioration des conditions de rétention: "Pas d'angélisme facile: aucun gouvernement responsable ne peut rester sans rien faire devant le flux de l'immigration illégale. Mais plutôt que de se réjouir benoîtement des succès de sa politique du chiffre, Brice Hortefeux, le ministre de l'immigration, devrait demander un audit des 22 centres de rétention existants et prendre, avec humanité, les mesures nécessaires pour éviter la répétition d'un tel drame."

La phrase de la semaine: "Les Français sont un peuple assez nostalgique, très littéraire, et aussi assez peu musical." Carla Bruni n'a pas fait usage de la langue de bois, dans le grand entretien qu'elle a accordé à Libération. Rappelant ses "convictions épidermiques de gauche", elle a également affirmé qu'elle "voterait pour [son mari]" s'il se représentait et qu'elle avait du mal à se faire au "monde des gens conservateurs". Alors que son album sort très bientôt et constituera l'un des événements de l'été, Libé ne cache néanmoins pas sa rancœur de la voir passée dans l'autre camp. "Voix chaude et esprit délié, Carla Bruni était une progressiste de la chanson qu'on était content de trouver pour faire avancer telle ou telle cause. Voilà que cette séductrice aux réflexes de gauche passe à la droite bling-bling", lance Laurent Joffrin. "Pour une partie de l'opinion, une icône a changé de camp. Autrement dit, le charme de ses ballades au timbre voilé a aussi, pour beaucoup d'auditeurs, un parfum de regret."

Le chiffre de la semaine: 51,7 millions d'euros. C'est le prix record payé pour un tableau de Claude Monet, lors d'une vente aux enchères chez Christie's. La toile, "Le Bassin aux Nymphéas", a été acquise par une acheteuse inconnue, Tania Buckrell Pos, sans qu'on sache qui était derrière cette faramineuse commande. "L'émirat de Dubaï, en bonne place dans le CV de Tania Buckrell Pos, a alimenté les premières hypothèses", affirme Le Figaro. "Est-ce un achat déguisé des Émirats arabes unis, voire d'Abu Dhabi qui va ouvrir cinq musées pharaoniques, dont le Louvre Abu Dhabi et le Guggenheim Abu Dhabi, sur Saadiyat Island dans les prochaines années?" Mystère.

La personnalité de la semaine: Dieudonné. L'humoriste français est à l'affiche cette semaine, mais au lieu des planches habituelles, c'est aux tribunaux qu'il devra jouer son rôle. Il doit en effet comparaître dans trois affaires distinctes. "Star de la semaine judiciaire" pour Le Figaro, Dieudonné "est un habitué des prétoires", rappelant les nombreuses affaires autour de son antisémitisme supposé qui ont émaillé ces dernières années. Il est notamment jugé cette semaine pour ses propos sur la Shoah, dont "l'exploitation" s'apparente selon lui à "une pornographie mémorielle".

La vidéo de la semaine: Présentée cette semaine, la campagne de promotion du gouvernement en faveur des mesures pour le pouvoir d'achat a fait scandale. Motif: le coût d'une telle campagne, dans des heures de vaches maigres. "Conçue par l'agence Young & Rubicam, la campagne, dont le budget atteint 4,33 millions d'euros, se décline dans la presse, sur Internet et à la télévision avec 1 630 diffusions prévues de quatre spots de 20 secondes et d'un autre de 45 secondes", annonce Libération.
http://www.dailymotion.com/relevance/search/campagne%2Bpouvoir%2Bd%2527achat/video/x5vuxq_le-gouvernement-fait-sa-pub-sur-le_news

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