Joe Biden s'engage en faveur de la réconciliation en Irak
04 juillet 2009
Le vice-président américain Joe Biden a assuré samedi que les diplomates américains œuvreraient en vue d'une réconciliation politique en Irak, au lendemain d'une sévère mise en garde adressée aux dirigeants du pays.
« Nos diplomates et civils vont concentrer leurs efforts pour aider les Irakiens à faire le maximum afin d'aboutir à un compromis politique ouvrant la voie à la paix et à la sécurité », a dit M. Biden au troisième jour de sa visite en Irak.
Il s'exprimait sous une immense bannière étoilée lors d'une cérémonie de naturalisation de 237 militaires originaires de 59 pays, organisée sur une base américaine à Bagdad à l'occasion du 4 juillet, la fête d'indépendance américaine.
Ce compromis - qui tarde à venir en raison de profondes divergences entre communautés sunnites, chiites et kurdes - devrait permettre « de bâtir un gouvernement capable d'assurer la sécurité et d'offrir les services auxquels ont droit les citoyens d'Irak », a souligné le vice-président.
Devant les soldats, pour la plupart résidents américains ne disposant pas de la nationalité quand ils se sont engagés, M. Biden a indiqué qu'il existait encore un long chemin à parcourir.
« Vous savez mieux que moi qu'il y a encore un énorme et dur travail à faire mais, grâce à vous, les Irakiens commencent à prendre leur destinée en mains et nous allons commencer à vous accueillir au pays avec l'honneur et la gratitude que vous méritez », a-t-il dit.
Et, a-t-il lancé à l'audience rassemblée dans un palais de l'ancien président Saddam Hussein, « grâce à votre action et (aux) sacrifices, l'Irak se dirige vers un avenir de progrès et de prospérité après être sorti de la terreur et de la violence confessionnelle ».
Usant d'un langage cru, il a ajouté : Cette cérémonie de naturalisation « s'est déroulée dans un Palais de Saddam, rien de moins. Ce fils de p... se retourne dans sa tombe en ce moment ».
Washington, agacé par la lenteur des progrès sur le plan politique après une réelle amélioration de la sécurité, a accentué sa pression sur les autorités irakiennes.
M. Biden a lancé vendredi une mise en garde sans précédent à Bagdad, lors de ses rencontres avec les dirigeants irakiens, dont le Premier ministre Nouri al-Maliki qui doit se rendre prochainement aux États-Unis.
« Si la violence reprenait, cela changerait la nature de notre engagement. Il a été très direct sur ce point », a dit un haut responsable américain l'accompagnant.
En tête des obstacles en Irak figure l'intégration de la myriade de communautés et ethnies dans le processus politique, dont les anciens membres sunnites du parti de Saddam Hussein, le Baas, interdit par les Américains après leur invasion du pays en 2003 puis par le pouvoir chiite.
Beaucoup de sunnites, qui avaient rejoint l'insurrection, estiment qu'il s'agit de mesures d'ostracisme à leur égard. M. Maliki a rejeté leur réintégration, affirmant qu'ils « sont responsables de la destruction » de l'Irak.
Autre obstacle : les relations difficiles entre l'État fédéral et la région autonome du Kurdistan (nord). Elles concernent la répartition des richesses pétrolières et la « constitution » kurde qui devrait être ratifiée fin juillet, stipulant que la province multiethnique de Kirkouk doit être annexée au Kurdistan.
Les autorités du Kurdistan ont annoncé que M. Biden avait annulé un déplacement prévu samedi dans cette région en raison d'une forte tempête de sable.



