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Affaire Hodeau: débat politique sur la castration chimique

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02 octobre 2009

François Fillon a affirmé vendredi que le meurtre de Marie-Christine Hodeau, par un criminel déjà "connu", "aurait pu être évité", précisant que le gouvernement ne s'interdisait "aucune réflexion sur aucun sujet", notamment sur la castration chimique.

"Ce que je partage, c'est l'émotion de la population dans notre pays devant le crime absolument odieux qui aurait pu être évité et qui a été commis", a affirmé le Premier ministre à l'occasion d'un déplacement à Villeneuve-la-Garenne (Hauts-de-Seine) sur le thème de la prévention de la délinquance. "La question qui est posée par les Français, c'est comment peut-on faire pour que ça ne se produise plus, et que nous n'ayons plus de crimes comme celui-là qui aurait pu sans doute être évité par un meilleur accompagnement du délinquant en question qui était connu", a-t-il poursuivi.

"Nous ne nous interdisons aucune réflexion sur aucun sujet", a-t-il également dit, regrettant la décision du Conseil constitutionnel d'avoir empêché la rétroactivité de la loi de 2008 sur la rétention de sûreté pour les criminels jugés encore dangereux en fin de peine. Il a ainsi souhaité rendre plus "contraignante" la possibilité offerte par la loi de recourir à la castration chimique.

Le Premier ministre n'a pas voulu entrer dans le débat opposant son ministre de l'Intérieur Brice Hortefeux, qui a pointé du doigt les juges d'application des peines, et sa ministre de la Justice Michèle Alliot-Marie pour qui il n'y a eu aucun dysfonctionnement de la Justice.

"Je ne mets en cause personne. Je dis simplement que le gouvernement et la majorité ont déjà légiféré sur cette question (de la récidive des criminels dangereux, ndlr). Pour des raisons juridiques, ce texte ne s'appliquait pas à ce monsieur. Je le regrette", a expliqué M. Fillon. "Nous allons donc trouver le moyen de faire en sorte qu'on ne reste pas dans cette situation où un grand nombre de personnes qui sont en prison aujourd'hui et qui vont sortir un jour pourraient de nouveau se révéler dangereuses", a-t-il renchéri.

Brice Hortefeux avait affirmé dès jeudi, au lendemain de la découverte du corps de Marie-Christine Hodeau suite aux aveux de son meurtrier présumé, que "le crime aurait pu être évité". Il avait mis en cause "les juges d'application des peines qui ont pris la décision de libération conditionnelle". "Ce qui est dit est dit", a affirmé vendredi le ministre de l'Intérieur alors que ses propos ont été jugés "scandaleux" par les syndicats de magistrats.

A droite comme à gauche, le débat est vif

Le porte-parole de l'UMP Frédéric Lefebvre a jugé vendredi "indécent" de rejeter "par principe" la castration chimique, rappelant à son homologue du PS Benoît Hamon que certains socialistes soutenaient cette mesure. La veille, M. Hamon avait qualifié de "déplorable" et "indécent" ce projet défendu par l'ancien député des Hauts-de-Seine, à la suite de l'affaire Marie-Christine Hodeau, dont le meurtrier présumé avait déjà été condamné pour agression sexuelle.

"Que l'on débatte de savoir si c'est obligatoire ou volontaire, pourquoi pas? Mais que l'on rejette cette idée par principe, c'est cela qui est indécent et irresponsable", réagit M. Lefebvre dans un communiqué. Il s'étonne que M. Hamon puisse "qualifier de dérive sécuritaire ce qui est une tentative de réponse à une réalité", soulignant que la castration chimique "existe dans de nombreux pays européens, au Canada ou aux Etats-Unis".

"Comment qualifie-t-il les soutiens de Ségolène Royal et de Jean-Marie Le Guen à cette idée, tous deux membres de sa famille politique, le dernier étant par ailleurs médecin", affirme encore le porte-parole de l'UMP. Interrogée sur la question, l'ancienne candidate socialiste à la présidentielle avait affirmé jeudi que "tout ce qui va dans le sens d'empêcher les prédateurs sexuels de récidiver doit être proposé".

Député PS de Paris, M. Le Guen, médecin et directeur de l'Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), a aussi estimé vendredi que la castration chimique pouvait être "tout à fait envisagée" dans "le cadre du volontariat".

 

 

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