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JEUDI 09 FéVRIER 2012

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Vie de l’Expatrié

La rentrée gratuite mais coûteuse des lycéens français de l’étranger

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01 février 2010

La scolarité sera gratuite de la seconde à la terminale à la rentrée 2009/2010 pour les élèves des lycées français.

Les terminales en 2007, les premières en 2008 et les secondes en 2009. La boucle est bouclée. Mais la gratuité de la scolarité pour les Français vivant à l'étranger, dans les établissements privés homologués par le ministère de l'Éducation nationale, voulue par Nicolas Sarkozy, ne sera sans doute pas étendue au-delà des classes de lycée dans un futur proche.

« C'était une promesse généreuse, mais il faut être pragmatique, surtout avec la crise... », explique André Ferrand, sénateur UMP des Français de l'Étranger. Ce « mais » va ruiner les espoirs de bien des parents expatriés aux États-Unis. Le budget pluriannuel du ministère des Affaires étrangères voté jusqu'en 2012, ne prévoit pas en tout cas la prise en charge pour les élèves avant la seconde. Le sénateur va même plus loin : « On n'aura jamais les moyens d'appliquer la mesure aux autres niveaux. » Dans un article paru en août 2008, Le Canard Enchaîné chiffrait l'extension de la gratuité jusqu'à la primaire à 713 millions d'euros, pour une année pleine. Un montant non confirmé à l'époque par l'agence pour l'enseignement français à l'étranger (AEFE) qui précise juste par la voix de sa présidente Anne-Marie Descotes que l'État a prévu une enveloppe supplémentaire annuelle de 20 millions jusqu'en 2011 pour financer le cycle seconde-terminale.

« En tout cas, c'est une vraie bouffée d'air », explique un avocat d'affaires new-yorkais dont l'aîné des enfants va entrer en seconde au Lycée Français. « Car cette année, c'est dur... », soupire-t-il. Son fils et sa fille ont fait toute leur scolarité aux États-Unis et les inscrire dans le privé était, au départ, un choix coûteux mais assumé. « On n'a rien demandé mais ça tombe bien », poursuit-il. Comme tous les expatriés inscrits au registre des Français de l'étranger, il a fait une demande de prise en charge auprès de l'école qui la transmettra au consulat. C'est l'AEFE qui instruit les dossiers, la date limite étant le 24 avril. Le manque à gagner pour les lycées est nul puisque l'État se substitue aux familles à condition que l'employeur ne couvre pas les frais de scolarité.

Les opposants à cette mesure comprennent mal qu'elle n'ait pas été accompagnée de conditions liées aux salaires des parents, comme c'est le cas pour les bourses. Le 9 décembre dernier, le Sénat a d'ailleurs rejeté un amendement qui devait imposer un double plafonnement - revenus des familles et frais de scolarité - de la prise en charge des lycéens français de l'étranger. Ce que regrette le sénateur André Ferrand, membre de la commission des Finances, qui a soutenu l'amendement. « Il est important selon moi que soient mises en place des conditions de ressources. Je ne crois pas que les contribuables en France comprennent qu'on fasse ce cadeau à des gens qui se sont parfois expatriés pour des raisons fiscales, explique-t-il. « D'autre part, continue-t-il, il faut plafonner les frais de scolarité... Certains lycées pourraient les augmenter puisque c'est l'État qui paye... ».

Soizic Charpentier, attachée culturelle et chef de service des établissements scolaires pour l'Amérique du Nord à Washington, n'y croit pas. « Clairement, les frais de scolarité ne sont pas à la baisse mais généralement pour des raisons liées au coût de la vie, aux salaires ou à des investissements immobiliers, comme les années précédentes. Pour les établissements conventionnés par contre on peut mettre certaines augmentations sur le compte de la contribution de 6 % qui leur sera demandée dès la rentrée 2009 par l'AEFE. (ndlr, 2 % en 2010 pour les établissements homologués). »

Contrairement à ce qu'on pouvait craindre, depuis 2007 les élèves étrangers non concernés par la gratuité n'ont pas été chassés par un afflux de Français, jusque-là scolarisés dans les high schools publics et inscrits à des cours en français par correspondance. « On pouvait le craindre mais il n'y a pas eu de ruée. Les effectifs, comme le nombre d'expatriés sont en constante augmentation depuis cinq ans », souligne Soizic Charpentier. « Bien sûr, c'était avant la récession... »

À L'AEFE on précise que « si la tendance n'est pas avérée, il faut s'assurer que les établissements du réseau restent, par l'accueil d'élèves étrangers, un acteur majeur du rayonnement de la France. »

www.aefe.fr

 

commentaires

J'ai moi-même été enseignant à l'étranger, je trouve que c'est une bonne chose et croyez bien que le fait de travailler à l'étranger ne signifie pas que le salaire est proportionnel au nombre km entre votre pays d'origine et le pays où vous travaillez!!!
Et dire qu'il y en a qui se plaignent toujours d'amalgames!!!

Claude Wolteche
02 septembre 2010


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