Hervé Morin à l'Harmonie Club de Manhattan.
Hervé Morin lance son Nouveau Centre aux Etats-Unis
17 septembre 2010
Le ministre de la Défense Hervé Morin, en déplacement aux Etats-Unis et au Canada, a profité de son étape new-yorkaise jeudi 16 septembre, pour lancer officiellement la fédération américaine de son parti, le Nouveau Centre.
Il a finalement été très peu question de défense jeudi soir à l'Harmonie Club de New York. Hervé Morin avait rencontré dans la matinée son homologue américain Robert Gates à Washington pour évoquer notamment le dossier afghan. Quelques heures plus tard à New York, c'est d'abord en tant que président du Nouveau Centre qu'il faisait une apparition.
Cette réunion publique était l'occasion de lancer officiellement la fédération de son parti, aux Etats-Unis, avec à sa tête Philippe Manteau. Ce dernier est second de la liste L’Union au Centre pour la Majorité Présidentielle conduite par Richard Ortoli, en course pour les élections de l’Assemblée des Français de l’Etranger (AFE). Le scrutin se déroulera le 24 octobre prochain. Cinq sièges sont en jeu dans cette circoncription.
C’est donc d’abord à un crash course en politique locale qu’a dû se soumettre Hervé Morin. Une fois familiarisé avec les enjeux de ces élections et les forces en présence, il a pris la parole devant un parterre d’expatriés plutôt bien garni pour exposer sa vision d’une « société française apaisée ». Un concept qu' il allait développer ainsi : « Une société avec un pouvoir politique dont le principal devoir est de ne pas créer de nouvelles tensions. » Une allusion très claire au climat qui règne de l’autre côté de l’Atlantique alors que la politique d’expulsion des Roms du président Sarkozy est sévèrement critiquée à l’étranger, y compris aux Etats-Unis. Sur cette question d'actualité Hervé Morin a d’abord souligné que la France appliquait la loi face à « des campements illégaux contre lesquels les maires sont démunis » avant de s'indigner contre « la circulaire inacceptable d’un directeur de cabinet du ministère de l’Intérieur qui visait directement une population. »
Ce n’est pas le seul point sur lequel le ministre de la Défense a tenu à marquer sa différence avec la politique du gouvernement auquel il appartient. En matière de sécurité - le cheval de bataille de Nicolas Sarkozy - il a insisté sur la nécessité de réfléchir à un modèle qui incluerait prévention et réinsertion avant d’appliquer celui du tout-répressif.
Ce style d’équilibriste, jouant entre la volonté d'automonie et de le devoir de solidarité, est sans doute devenu plus facile à adopter avec l’approche d’un remaniement ministériel qui pourrait laisser Hervé Morin sans portefeuille.
Esquivant les questions sur ses ambitions présidentielles, le président du Nouveau Centre « un jeune parti qui compte, a-t-il rappelé, 15 000 adhérents, 40 parlementaires, 2 000 élus locaux et bientôt des délégués AFE », a profité de cette soirée passée avec la communauté française de New York pour distiller ce qui ressemble fort à des thèmes de campagne. Le réservoir d'électeurs que consitituent les 2,2 millions d'expatriés dans le monde n'est pas à négliger. Dans cette optique, la création de fédérations du Nouveau Centre à l’étranger « où la communauté francophone est importante », et sur lesquelles le parti pourra s’appuyer en vue de l’écheance de 2012, devrait se poursuivre. Il en existe pour l'instant une dizaine.
Vendredi 17 septembre, Hervé Morin rencontrait le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-Moon. Il devait se rendre à Montréal pour aller soutenir les délégués de la nouvelle fédération canadienne du Nouveau Centre, mais la crise des otages au Niger l'a obligé à abréger son déplacement en Amérique du Nord.





















