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Rencontre avec Tatiana de Rosnay : La reine des lettres

Julien Bisson
2011-06-10 17:18:00

Rencontre avec Tatiana de Rosnay : La reine des lettres


David Ignaszewski / Koboy !

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Rencontre avec Tatiana de Rosnay : La reine des lettres

L’adaptation de son best-seller, Elle s’appelait Sarah, arrive sur les écrans américains le 22 juillet prochain. Tatiana de Rosnay a vendu 5 millions de livres dans le monde. Elle publie son nouveau roman, Rose. Rencontre.

Elle quitte rarement son téléphone des yeux. Pianote un « tweet » dès qu’elle le peut. Mais n’hésite pas non plus à nous dévoiler des photos de sa mère et de ses enfants. Attablée au Select, café historique du boulevard Montparnasse, Tatiana de Rosnay ne joue pas à la star. Et pourtant. Encore inconnue du grand public il y a quelques années, elle promène aujourd’hui sa chevelure cendrée sur tous les plateaux de radio et de télévision, à l’occasion de la sortie de son nouveau roman, Rose. Il faut dire qu’entretemps, cette quinqua aux airs de grande bourgeoise mais au sourire canaille s’est imposée parmi les têtes d’affiche de la littérature française : plus d’un demi-million d’ouvrages vendus l’an passé, davantage que les habituels Houellebecq, Nothomb ou autres Fred Vargas ! Le tout grâce au succès d’un livre, Elle s’appelait Sarah, carton international désormais adapté au cinéma, qui l’a propulsée au premier rang des auteurs français les plus lus : 5 millions d’exemplaires vendus dans le monde, 2 millions rien qu’aux États-Unis.

Mais c’est avec détachement qu’elle préfère goûter sa médiatisation récente :  « À 50 ans, j’ai passé l’âge d’être impressionnée », s’amuse-t-elle, en dévorant du chocolat. «  Le succès m’est tombé dessus sans que je m’y attende, et ça a été difficile à gérer au début, pour moi comme pour ma famille. Mais maintenant, je suis surtout heureuse de partager l’histoire de Rose avec mes lecteurs ». Celle qui se revendique avant tout comme un « auteur populaire » garde le souvenir du temps où le succès restait un rêve : « Avant la parution d’Elle s’appelait Sarah’, en 2006, j’avais fait paraître huit romans déjà, dans l’anonymat quasi total. Mon mari les a lus, ma mère et ma sœur aussi, et c’est à peu près tout ! ». Le déclic viendra d’un double changement. Le choix d’un nouvel éditeur d’abord, lorsqu’elle rejoint les Éditions Héloïse d’Ormesson, tout juste naissantes, et dont elle est aujourd’hui la star. Changement d’idiome surtout, puisque Elle s’appelait Sarah a été écrit dans sa langue « maternelle ».

« Mes obsessions ? La mémoire des murs et les secrets de famille »

Explications : « Ma mère est d’origine britannique, et encore aujourd’hui nous parlons couramment les deux langues chez moi », rappelle la romancière, qui n’hésite d’ailleurs pas à saupoudrer la conversation de termes british. À l’adolescence, Tatiana de Rosnay rédigeait déjà ses premiers poèmes et son journal intime en anglais. Et c’est outre-Manche, à l’université d’East Anglia, qu’elle a suivi des ateliers d’écriture. Mais après son mariage, en 1987, elle dût revenir en France et entamer une carrière de reporter pour ELLE et Vanity Fair« Je n’ai redécouvert le plaisir d’écrire en anglais qu’avec ‘Elle s’appelait Sarah’. Je me souviens avoir donné à lire les trente premières pages à mon mari. J’étais surprise qu’il mette autant de temps à en venir à bout, quand il m’a rétorqué : « Mais Tatiana, c’est en anglais… »  Je ne m’en étais même pas rendue compte ! »

Peut-être faut-il y reconnaître sa proximité avec l’héroïne du livre, une journaliste américaine chargée de couvrir le soixantième anniversaire de la rafle du Vel d’Hiv ? Toujours est-il qu’elle a depuis conservé cette habitude, que ce soit lors de l’écriture de Boomerang (paru en 2009) ou de celui de son nouvel opus, le joliment nommé Rose. Un roman à nouveau enraciné dans l’Histoire, celle de Paris sous le Second Empire et des grands travaux ordonnés par le baron Haussmann. « J’ai eu l’idée de ce livre il y a une quinzaine d’années, après avoir découvert de vieilles photos de rues aujourd’hui disparues », explique-t-elle. « C’est un roman qui contient mes deux principales obsessions : la mémoire des murs et les secrets de famille ». Trois heures de discussions et quelques verres de chardonnay plus tard, Tatiana de Rosnay a partagé quelques-uns des siens. Mais c’est encore à ses nombreux lecteurs, présents sur Facebook ou Twitter, qu’elle souhaite réserver les meilleurs.

Rose, de Tatiana de Rosnay, Héloïse d’Ormesson, 247 pages, 19 €

Sarah’s key, un film de Gilles Paquet-Brenner, avec Kristin Scott Thomas et Mélusine Mayance. Sortie aux États-Unis le 22 juillet 2011.


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