Détroit et l'industrie automobile renaissent de leurs cendres
Historic American Buildings Survey
Les anciens bureaux de General Motors
09 janvier 2012
Les constructeurs automobiles américains fêtaient lundi leur "réinvention", trois ans après une crise qui a failli faire disparaître deux d'entre eux, tous les regards se tournant, à l'ouverture du salon de Detroit, vers le segment du luxe.
"Nous célébrons la résurgence de l'industrie automobile mondiale et de l'industrie automobile américaine", a déclaré le ministre américain des Transport Ray LaHood en ouvrant le salon. Signe de l'optimisme retrouvé, General Motors (GM) a servi du champagne et des bouchées au homard lors de la conférence de presse de sa filiale haut de gamme Cadillac. "L'industrie automobile américaine s'est réinventée pour le XXIe siècle", s'est félicité M. LaHood, appelant à "se souvenir d'où en était ce secteur il y a trois ans", quand GM et Chrysler étaient "au bord de la liquidation" et que "400 000 emplois ont disparu en quelques mois".
En 2009, au plus fort de la pire crise économique depuis la Grande Dépression aux Etats-Unis, le numéro un américain de l'automobile General Motors et le numéro trois Chrysler ont fait faillite, n'échappant à la disparition que grâce à l'injection de dizaines de milliards de dollars de fonds publics. Trois ans plus tard, alors que le marché européen de l'automobile est déprimé, les Etats-Unis sont redevenus un marché de croissance pour le secteur.
Constructeurs et analystes tablent sur des ventes de 13,5 à 14,5 millions de voitures aux Etats-Unis en 2012, contre 12,8 millions d'unités en 2011 et 11,6 millions en 2010. Cela reste toutefois largement inférieur aux 15 à 17 millions de véhicules par an vendus pendant la dizaine d'années précédant l'effondrement du marché automobile en 2008. Au niveau mondial, les ventes de voitures devraient augmenter de 70 millions d'unités en 2012 à 110 millions en 2020, a prédit dimanche le directeur général de Mercedes, Dieter Zetsche. "Une part disproportionnée de cette croissance ira vers le segment haut de gamme", a-t-il ajouté, soulignant l'importance que prend le marché des voitures de luxe, dominé dans le monde entier par les constructeurs allemands, et notamment aux Etats-Unis où ils ont détrôné Toyota et son enseigne Lexus l'an dernier.
Les marques de luxe américaines comme Cadillac et Lincoln, filiales respectives de GM et Ford, peinent à se faire une place sur ce marché en forte croissance. Ces marques, qui jadis incarnaient l'idée même de la voiture de luxe mais ont laissé leur qualité dériver avant la crise doivent regagner leurs lettres de noblesse, notamment en s'attaquant au segment des modèles entrée de gamme, sur lequel elles n'étaient pas représentées et qui a connu la plus forte croissance du marché du luxe l'an dernier.
Cadillac a ainsi présenté dimanche, à la veille de l'ouverture du salon de Detroit, sa nouvelle berline sport ATS 2013, "destinée à rivaliser avec les meilleures voitures haut de gamme du monde" sur le "segment crucial" des compactes comme la BMW série 3, la Mercedes classe C et l'Audi A4, ont indiqué ses dirigeants. Lincoln doit pour sa part présenter mardi un prototype MKZ qui va définir sa nouvelle stratégie.
En ouverture du salon, la Land Range Rover Evoque a été nommée "Véhicule utilitaire de l'année" en Amérique du Nord et la Hyundai Elantra "Voiture de l'année" pour l'Amérique du Nord par des journalistes. Le salon de l'automobile de Detroit s'est ouvert lundi à la presse. Il ouvrira ses portes au grand public du 14 au 22 janvier.





















