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Politique

Législatives 2012 - Mike Remondeau : "Mon quotidien ce sont des problèmes locaux, pas métropolitains"

Anaïs Digonnet
2012-01-26 09:47:00

Législatives 2012 - Mike Remondeau :  "Mon quotidien ce sont des problèmes locaux, pas métropolitains"

Mike Remondeau revendique son appartenance à aucun parti.
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Sans parti, avec peu de moyens, Mike Remondeau, 31 ans, a décidé de faire ses premiers pas dans l'arène politique comme candidat indépendant aux élections législatives pour les Français de l'étranger en Amérique du Nord. Il propose d'améliorer la représentativité des électeurs en favorisant notamment la création d'antennes parlementaires au sein des différentes communautés françaises.

France-Amérique : Vous avez créé la surprise en sortant de l'anonymat en décembre dernier. Qu'est-ce qui vous a poussé à vous engager dans cette campagne législative ?

Mike Remondeau : C'est une opportunité fantastique pour moi, pour commencer ma vocation mais aussi pour proposer quelque chose de différent afin de régler les problèmes de mes concitoyens. Il y a un ras-le-bol général de la politique française. Je me lance, j'essaye, je n'ai pas de moyen, je n'ai pas de parti politique derrière moi. Aux Etats-Unis, j'ai appris à rêver en grand. En France, je n'ai jamais pu le faire, venant d'un milieu social difficile.

Etes-vous un exemple de la réussite du rêve américain?

Je viens de Saint-Ouen, dans le 93, qui était, d'après les statistiques, une des villes les plus violentes de France dans les années 1990. A 20 ans, je suis parti aux Etats-Unis avec mon baluchon, sans aucune aide. Je suis aujourd'hui implanté dans la société américaine depuis dix ans, je suis marié et je suis sur le point de finir ma maîtrise en sciences politiques. Je travaille dans un cabinet d'avocat, au courrier, à 9 dollars de l'heure comme des milliers d'étudiants pour payer les factures. Ma vocation est de commencer par la politique. Ces élections sont pour moi un pied à l'étrier pour pouvoir me faire connaître et peut-être inspirer de nouvelles générations.

A 31 ans, vous êtes l'un des plus jeunes candidats. Est-ce un avantage pour séduire une certaine catégorie de votants ?

Je ne sais pas. L'avantage peut-être, c'est de n'avoir aucun parti politique derrière moi, d'être indépendant et de vouloir insuffler quelque chose de nouveau, de crédible, de vrai et d'honnête. Tous les candidats ont l'air d'être assez jeunes. Mais après, est-ce qu'il sont représentatifs de la majorité des Français d'Amérique ? C'est peut-être là mon avantage.

On risque de vous reprocher votre manque d'expérience en politique...

On me le reprochera sûrement, mais l'expérience se construit au fil du temps. Il est important, quand vient l’heure de choisir les nouveaux représentants et garants de notre société, de ne pas obligatoirement favoriser les plus influents, mais d’élire les plus novateurs et compétents. Même s’ils sont jeunes et inexpérimentés.

Qu'avez-vous à apporter ?

Je ne suis pas ingénieur dans une banque, je ne travaille pas à Wall Street. Je ne suis pas un opportuniste, ni un carriériste, je suis un «  Frenchy ». En dix ans, je suis reparti une seule fois en France pour aller visiter mes parents. J'attends en janvier de faire mes taxes pour savoir combien je vais récupérer. Mon quotidien, ce sont des problèmes américains, locaux pas métropolitains.

Pourtant le député ne sera pas seulement dédié aux problèmes des Français en Amérique du Nord, mais aussi à tous ceux de la Nation...

Je trouve contradictoire de demander aux candidats de trouver des solutions à tous les problèmes de société. Mon ambition est plutôt de mettre en place une structure pour que nos concitoyens trouvent eux-même les solutions qui leur réussissent. Au lieu de vouloir inculquer aux gens leurs grandes idées, les élus politiques devraient travailler à moderniser le système de représentation, afin de faire en sorte que les électeurs puissent participer au système législatif. J'aimerais me focaliser sur un travail plus représentatif que décisionnel.

Où vous situez-vous sur l'échiquier politique ?

Nulle part. Je refuse de continuer à entretenir l'idée d'un échiquier politique abstrait qui nous divise. Je pense que les partis politiques d’aujourd’hui ont tendance à sérieusement polariser la société et ignorent le troisième principe républicain de la fraternité, sur lequel est basée la France.  Concrètement, un élu d’un parti politique ne représente que les citoyens et citoyennes partageant la même idéologie. Il délaisse donc le reste de sa circonscription de tout droit représentatif. Moi, je veux unir la communauté française du Canada et des Etats-Unis sous une identité culturelle commune.

Quelles idées défendez-vous dans votre programme ?

Je veux améliorer la représentativité civique du citoyen. J'encourage vivement le développement des communauté locales : elles offriront une plateforme d’aide technique, logistique et organisationnelle aux innovateurs, investisseurs et organisateurs locaux. Des antennes parlementaires seront créées dans les communautés pour engager efficacement les projets locaux, décentraliser au maximum et responsabiliser les diverses communautés des Etats-Unis et du Canada.

Et au niveau de l'éducation, de l'aide sociale, de la fiscalité ?

A l'heure actuelle, on n'a pas de connaissances exactes sur ce que les Français d'Amérique du Nord veulent. Il reste encore six mois de campagne. J'invite personnellement tous les Français de l'Amérique du Nord à me contacter afin de me faire part de leurs préoccupations.

En tant que candidat, n'est-ce pas votre rôle d'aller à leur rencontre ?

Je ne suis pas soutenu par le PS ou l'UMP et je ne suis pas dans une situation financière où je peux me balader de Montréal à San Diego. Je vais commencer localement par Tampa, puis la Floride, et essayer d'envoyer des mails et des lettres aux Alliances Françaises. Il y a deux catégories de Français aux Etats-Unis et au Canada : ceux qui sont expatriés et ceux qui sont immigrés, comme moi, et donc totalement coupés du système français. Ces derniers ne regardent pas la télévision française, qui ne s'occupe pas des problèmes des métropolitains et ne cotisent pas au système français.

Vous allez briguer un mandat national et non américain. N'avez-vous pas l'impression d'être en décalage avec les préoccupations de tous les électeurs français ?

Non. Mes idées sont forcément américanisées étant donné que je me considère franco-américain et que j’ai passé un tiers de mon existence aux Etats-Unis. Mais ca ne veut pas dire que je pense que tout ce qui vient des Etats-Unis est bon à prendre. On a la chance d'être sous l'influence de deux cultures, de connaître deux sociétés, d'avoir le choix, comme de pouvoir se rapprocher soit de l'une, soit de l'autre, soit des deux. Donc j'aimerais laisser l'opportunité aux Français de choisir ce qui est le mieux pour eux.

Dans vos propositions, vous faites de la défense de la bi-nationalité l'une des missions principales du futur député de l'étranger. Pourquoi ?

Ma mère est Espagnole, mon père est Français. Avant même de débarquer aux Etats-Unis, je suis bi-national. Avec la globalisation, on ouvre les frontières afin d'avoir plus d'échanges économiques, ça c'est le côté pile. Le côté face, forcément, c'est l'immigration et la bi-nationalité. Alors soit on combat quelque chose d'inéluctable, soit on l'accepte. Il y a des problèmes socio-économiques et budgétaires plus importants, sur lesquels il faudrait lancer de grands débats.

Pour en savoir plus :

Mike Remondeau a créé sa page sur Facebook.

Retrouvez chaque semaine sur www.france-amerique.com un portrait d'un candidat à l'élection des députés de l'étranger dans la circonscription d'Amérique du Nord.

commentaires

Espérons que le retour d'impôts qu'il attend permettra à ce sympathique pré-candidat de payer l'impression des 200 00+ bulletins de vote et quelques 180 000 professions de foi, comme le Code Électoral le prévoit...

Réaumur Sébastopol
2012-01-28 20:41:44


On travaille la-dessus. Merci pour le conseil :)

Mike Remondeau
2012-01-30 17:12:57


Bonne chance a toi Mike. Je voterai pour toi. On a besoin de candidats comme toi.

Samuel
2012-02-15 12:56:58


je viens de voir ton programme, pourquoi pas. Bonne chance en tous cas.

John
2012-02-26 02:37:28


Bonne chance Mike! Je suis etudiante comme toi et je voterai pour toi.

Delphine
2012-02-28 15:52:03



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