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Cour suprême : le conservateur John Roberts, sauveur de la loi d'Obama

AFP
2012-06-28 19:14:00

Cour suprême : le conservateur John Roberts, sauveur de la loi d


Wikipedia/Steve Petteway

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Ironie suprême, le président conservateur de la plus haute juridiction des Etats-Unis, John Roberts, est devenu jeudi le sauveur de la réforme de l'assurance maladie honnie des républicains, épargnant du coup à sa Cour l'accusation de partialité.

Allure sage et regard bleu, John Roberts, 57 ans, à l'approche réputée prudente, a joué un rôle "capital en apportant sa voix déterminante et en rédigeant la décision qui sauve une réalisation cruciale de l'administration" Obama, déclare à l'AFP Tom Goldstein, expert de longue date de la Cour suprême. Considéré par beaucoup comme le plus brillant juriste de sa génération, John Roberts, dont la fidélité au parti républicain n'a jamais fait de doute, a joint son suffrage à ceux des quatre juges progressistes, sur les neuf que compte la Cour, se dissociant de ses pairs conservateurs et faisant basculer la majorité en faveur de la réforme phare du président démocrate.

"Chief Justice", comme on l'appelle dans les couloirs, a choisi "le camp des quatre juges les plus modérés et a confirmé les aspects clés" de la réforme, commente pour l'AFP Doug Kendall, président du centre de réflexion Constitutional Accountability Center. Nommé à la tête de la haute Cour par le président républicain George W. Bush, John Roberts a pris ses fonctions en septembre 2005, après avoir été fêté par la droite religieuse.

Depuis, M. Roberts, qui s'était présenté "sans programme politique", a conservé des positions prudentes sur les grands sujets de société, que la Cour suprême contribue à façonner. Il s'est distancé de positions hostiles au droit à l'avortement, sans toutefois s'engager clairement pour ou contre son maintien. Il avait toutefois validé les tribunaux militaires d'exception de Bush à Guantanamo, voté pour la légalisation de la prière à l'école et pour la pénalisation de l'acte de brûler le drapeau américain.

"Il tient à la réputation" de la Cour

Avec la réforme de l'assurance maladie, qui vise à assurer 32 millions d'Américains, c'est "l'intégrité de la Cour suprême en tant qu'institution impartiale et non comme organe politique" qu'il semble vouloir défendre, déclare à l'AFP l'avocate Elizabeth Wydra, qui soutenait le gouvernement Obama dans ce litige. Si les observateurs attendaient plutôt dans le rôle de bascule le juge modéré Anthony Kennedy, qui vote tantôt à droite, tantôt à gauche, le "Chief Justice a promis fidélité à la Constitution", rappelle Me Wydra, selon laquelle la décision de M. Roberts était "prévisible".

On ne l'attendait cependant pas dans ce "centre modérateur" mais "comme une voix conservatrice, solide et cohérente", analysait à sa nomination Stephen Wermiel, spécialiste de la Cour suprême à l'American University de Washington. Considéré à l'époque comme l'un des juges les plus conservateurs du pays, M. Roberts, diplômé de la prestigieuse Université de Harvard, a aussi occupé des fonctions juridiques dans le gouvernement républicain de Ronald Reagan et travaillé pour Bush père.

Dans un contexte où les trois quarts des Américains estiment que les décisions des sages de la haute Cour sont guidées par leur point de vue politique ou personnel, il "montre qu'il tient profondément à la réputation de la Cour", a dit à l'AFP Clare Huntington, professeur à l'école de droit de Fordham, qui voit dans sa décision de jeudi une position courageuse. "John Roberts tente d'éviter la critique accablante de l'Histoire", estime un de ses collègues, Abner Greene.

"En rejoignant ses collègues progressistes, il renvoie la question dans l'arène de la démocratie politique", observe le politologue de l'Université de Boston, Graham Wilson. Marié depuis seize ans à une avocate connue dans les cercles conservateurs, Jane Roberts est père de deux jeunes enfants adoptés.


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