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Culture
Le chercheur bouddhiste Matthieu Ricard vient parler science et méditation à New York

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Matthieu Ricard, le scientifique bouddhiste est à la fois cobaye et chercheur pour les expériences menées sur les effets de la méditation sur le cerveau.

Le chercheur bouddhiste Matthieu Ricard vient parler science et méditation à New York

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17 octobre 2012

La méditation modifierait le comportement. C’est en tout cas sur ce thème que portent les recherches de Matthieu Ricard et d’autres de ses confrères du Mind and Life Institute. A l’occasion des 25 ans de cette organisation à but non-lucratif, celui qui est aussi connu comme l’interprète français du Dalaï Lama donnera une conférence le 20 octobre à New York.

Un chercheur en toge orange et rouge, l’image ne passe pas inaperçue dans les laboratoires du Center for Investigating Healthy Mind de l’université du Wisconsin, à Madison. Depuis dix ans, le bouddhiste français Matthieu Ricard vient régulièrement dans ces locaux comme chercheur et cobaye pour le compte du Mind and Life Institute. Sous l'impulsion du Dalaï-Lama, cet organisme à but non-lucratif dont le siège social est basé à Amherst dans le Massachusetts, favorise les rapports entre le bouddhisme et la science en renforçant le bien-être de la société et en l’aidant à la délivrer de ses maux.

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Le chercheur bouddhiste Matthieu Ricard vient parler science et méditation à New York

A Madison, Matthieu Ricard est à la fois sujet de l'expérience et collabore aussi au protocole d'expérimentation.

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Le chercheur bouddhiste Matthieu Ricard vient parler science et méditation à New York

Matthieu Ricard travaille avec Richard Davidson, le directeur du Centre d’imagerie cérébrale de l’Université de Madison.

La méditation aurait des effets positifs sur le cerveau

"Le bouddhisme ne fait pas de prosélytisme", commente Matthieu Ricard. "Mais si la science confirme que l’entraînement de l’esprit permet de cultiver les qualités humaines fondamentales et que des interventions comme les thérapies cognitives basées sur la pleine conscience (MBCT) permettent de réduire les troubles mentaux et augmenter les comportements pro-sociaux, cela permet d’offrir, de façon purement séculière, une contribution valable à la société. Rien qu’en 2011, plus de 350 articles scientifiques ont fait état du fait que la 'réduction du stress par la pleine conscience' (MBSR) non seulement réduisait le stress mais avait des nombreux avantages cliniques".

Depuis 2000, le Mind and Life Institute coordonne ainsi un programme de recherches en neurosciences sur les effets de la méditation, sur la plasticité du cerveau. "Au début, nous étions des pionniers en la matière. Aujourd’hui, de nombreux laboratoires à travers le monde travaillent à ces recherches", explique le bouddhiste français. Une à deux fois par an, en parallèle avec ses nombreux projets de par le monde, Matthieu Ricard, qui réside au monastère de Sehéchèn au Népal, s’envole donc pour les Etats-Unis, seul ou avec d’autres sujets.

Cet ancien thésard en génétique cellulaire à l’Institut Pasteur participe ainsi aux travaux de recherches en tant que cobaye mais aussi comme colloborateur pour concevoir les protocoles expérimentaux qui permettent d’étudier les effets de l’entraînement de l’esprit, et signe aussi quelques articles scientifiques. Et de préciser : "De nombreux travaux de recherche ont mis en évidence qu’il ne fallait pas nécessairement 50 000 heures de méditation, comme c’est le cas chez des méditants expérimentés, mais qu’au bout de quelques semaines de méditation, à raison de 30 minutes par jour, on observe déjà des changements fonctionnels et structuraux dans les cerveaux."

Scientifique, photographe et humanitaire

Le 20 octobre prochain à New York, il interviendra donc sur l'application de ces recherches dans la société actuelle. En 2011, il a co-organisé avec la neuroscientifique Tania Singer un symposium à l’ETH de Zurich qui se penchait sur la compatibilité de l'altruisme avec les systèmes économiques. "Je m’intéresse tout particulièrement à la manière dont l’altruisme peut permettre de résoudre nombre des défis de notre époque, à la façon de le cultiver sur un plan individuel et à promouvoir une société davantage fondée sur la coopération", souligne Matthieu Ricard. Et quand on lui demande si de telles recherches seraient possibles de l’autre côté de l’Atlantique, le bouddhiste français reste perplexe. "Lorsque les chercheurs rentrent en France, ils ont un bureau et un ordinateur, presque rien de plus. Il y a très peu de financement."

En plus de son rôle de scientifique spirituel, Matthieu Ricard continue de mener ses projets personnels. Photographe et écrivain, il reverse l’intégralité de ses droits d’auteur à des causes humanitaires, au Népal, en Inde et au Tibet, menées par son association Karuna-Shechen qui aide à la scolarisation de 20 000 enfants et délivre plus de 100 000 services médicaux par an.

Pour en savoir plus:

La conférence "Contemplative pratice and health : Laboratory findings and real world challenge" aura lieu le 20 octobre à New York mais n'est pas accessible au public. Elle sera néanmoins retransmise en vidéo et en direct.

commentaires

Monsieur Ricard, j'imagine que votre photo est un clin d'oeil aux escargots venus sur la tete du Bouddha pour le rafraichir pendant son illumination?

Thierry BORDERIE
11 novembre 2012


Science et méditation, je suis vraiment contente que les deux mots aillent de plus en plus ensemble! Les découvertes scientifiques dans ce domaine sont bluffantes.
J'ai écrit un article sur ce thème, "méditation, endorphines et matière grise", sur mon blog :
http://magnetismenouvellegeneration.wordpress.com/2012/10/01/meditation-endorphines-et-matiere-grise/
A bientôt,
Juliette

juliettegrondin de magnétisme nouvelle génération
19 octobre 2012