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Vie Franco-Américaine

L’Amérique au secours du patrimoine français

L’Amérique au secours du patrimoine français

© Chateau de Lacour

Château de Lacour-d'Arcenay en Bourgogne.

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29 novembre 2012

La French Heritage Society fête ses 30 ans en 2012. L’association américaine finance la restauration de monuments historiques français.

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L’Amérique au secours du patrimoine français

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Château de Lacour-d'Arcenay en Bourgogne.

"Chaque homme a deux pays, le sien et la France", a dit Benjamin Franklin, l’un des Pères fondateurs des Etats-Unis. Deux cents ans plus tard, des Américains célèbrent toujours ce profond lien d’amitié noué à travers l’histoire. Réunis au sein de la French Heritage Society, 2 000 membres et passionnés financent la restauration du patrimoine architectural français - châteaux, églises, jardins - des deux côtés de l’Atlantique.

Créée par une Française, Michèle Le Menestrel, en 1982, l'association est ouverte à tous. Outre les entreprises et les fondations, la French Heritage Society fait avant tout appel aux particuliers. Les niveaux d’adhésion varient de 250 à 5 000 dollars par an. Et bientôt 10 000 dollars. "Les donateurs sont divers. Il y a des gens fortunés mais la majorité des dons avoisinent les 250 dollars", assure Greg Joyce, directeur exécutif à New York. "Tous sont des amoureux de la culture française".

Une relation d'amitié qui perdure

Parmi eux, les Harvey ont décidé de financer la restauration du château de Lacour-d’Arcenay en Bourgogne. "La France est le plus vieil allié des Etats-Unis. Sans la France je ne sais pas si nous serions un pays indépendant aujourd’hui", souligne Kazie, qui avec son mari John, est membre de l’association depuis plus de 10 ans.

Ancienne étudiante dans une université française, cette New-Yorkaise a fait don de 30 000 dollars à la famille de Thy, propriétaire du château du XVIIe siècle. "Il est important de tisser des liens d’amitié plutôt que de simplement verser de l’argent", confie Kazie Harvey, qui s'est rendue sur place le 15 octobre dernier. "Cette expérience nous permet d'apprendre tant de choses et de faire de belles rencontres".

En Côte-d’Or, le soutien des bienfaiteurs américains est le bienvenu. "Quand mon mari en a hérité, le château était dans un état désespérant, avec des fuites dans le toit et des charpentes pourries", se rappelle Annick de Thy. Pour sortir du gouffre financier, la demeure est alors transmise en donation à la génération suivante. Inscrite à l’inventaire des monuments historiques depuis 1993, elle bénéficie d’aides publiques indispensables.

Devant l'ampleur du chantier, la famille décide alors de se tourner vers les Etats-Unis. Il faut dire qu’un de ses illustres ancêtres fut capitaine de vaisseau du roi Louis XVI et participa à la libération de l’Amérique dans la flotte de l’amiral de Grasse en 1781.

Installée au milieu du village de Lacour-d'Arcenay, la bâtisse forme un U terminé par deux tours rondes. "Grâce à l’aide des Harvey, nous rénoverons le corps central et les deux ailes début 2013", annonce Annick de Thy. Déjà 100 000 euros ont été investis et il manque encore presque 600 000 euros pour terminer les travaux. D’où l’importance des fonds privés, qui viennent s’ajouter aux aides de l’Etat, aux moyens financiers de plus en plus limités.

Depuis sa création, l’association a participé à près de 500 projets pour plus de 17,5 millions de dollars. Ont ainsi été rénovés : l’Hôtel de Talleyrand à Paris, la cathédrale de Chartres, le consulat de France à New York et l’église Saint-Vincent de Paul de la ville, première église catholique francophone des Etats-Unis. L’association est même intervenue pour sauvegarder le patrimoine en péril, après les inondations du Mississippi (1993), la tempête en France (1999) et l’ouragan Katrina en Louisiane (2005).

"Cette réussite repose sur la tradition du mécénat aux Etats-Unis liée à une fiscalité avantageuse et sur notre relation d’amitié qui perdure depuis le soutien français aux insurgés de la guerre d’Indépendance au XVIIIe siècle. En cela, nos mécènes ont le sens de l’histoire", analyse Denis de Kergorlay, président de l’association.

En France, l’intérêt des Américains est plébiscité. Chaque remise de prix produit son petit effet médiatique. En 2010, la French Heritage Society a même été distinguée "Grand Mécène de la Culture" par le ministère de Frédéric Mitterrand. En plus de la protection du patrimoine historique, l’association soutient des programmes éducatifs pour architectes et artisans, des échanges d’étudiants entre la France et les Etats-Unis, et organise des séminaires et des voyages culturels.

18 chantiers en cours

La French Heritage Society a levé 560 000 dollars en 2012. "Tous les ans en mars, nos trois partenaires français - La demeure historique, Les vieilles maisons françaises et Le comité des parcs et jardins de France - sélectionnent les dossiers de demandes de subventions privées, qui sont ensuite soumis à nos mécènes américains", explique Denis de Kergorlay. "Le monument retenu doit être classé ou inscrit au titre des monuments historiques et ouvert au public".

Autre condition : les récipiendaires doivent accepter la règle des matching funds ou fonds associés. "Quand nous attribuons un prix, le propriétaire doit aligner la même somme", poursuit-il. "C‘est un principe voulu par les Américains pour montrer qu’ils ne font pas de l’assistanat". Puis, les mécènes organisent des collectes de fonds.

Cette année, les prix vont de 7 500 à 216 000 dollars et financeront la restauration de 18 monuments en France et aux Etats-Unis : le château de Fontainebleau (Seine-et-Marne), le château de Rochambeau (Loir-et-Cher), le château de Chavaniac-Lafayette (Haute-Loire), l’abbaye de Mondaye (Calvados), le château de Saint-Géry (Tarn), l’escalier monumental d’Auch (Gers) ou les jardins d’Alberta (Bouches-du-Rhône).

Aux Etats-Unis, l'association participe notamment à la réfection de la Deyo House, l'une des plus anciennes demeures de la vallée de l'Hudson, à celle de Monticello, la maison de Thomas Jefferson en Virginie, au Rodin Museum de Philadelphie, ou encore à la restauration du navire La Belle de René-Robert Cavelier de La Salle au Texas.

Un anniversaire à Fontainebleau

En échange de leur générosité, les grands donateurs sont invités par leurs bénéficiaires dans les provinces de France où ils participent à des dîners, des galas et des visites privées. Pour fêter ses 30 ans, l’association a organisé un voyage de quatre jours en Gascogne, de Toulouse à Saint-Jean-de-Luz, sur les traces du roi Louis XIV et de son fidèle mousquetaire d’Artagnan. Les célébrations se sont achevées à Paris le 13 octobre par une réception à l’Hôtel de Ville et un dîner de gala au château de Fontainebleau.

Quelque 250 mécènes américains et français privilégiés ont partagé un somptueux repas dans la Galerie des Cerfs du château, en présence des ambassadeurs américain et français, Charles H. Rivkin et François Delattre, avant le tir d’un feu d’artifice. Un don de 60 000 dollars ira à la restauration du Pavillon de l’Etang de la demeure royale.  Pour 2013, la French Heritage Society a prévu de financer la rénovation de l’Ecole de la Légion d’honneur à Saint-Denis près de Paris et l’abbaye de Royaumont dans le Val-d’Oise.

 

commentaires

Merveilleux article qui resume si bien l'oeuvre accomplie depuis 1982 !
Je voudrais neanmoins rappeler que Friends of Vieilles Maisons Francaises (notre nom a l'epoque) a ete cree non seulement par Michele Le Menestrel MAIS aussi par Reginald Kearton, un Americain, amoureux de la France, qui a dedie toute son energie et ses moyens au developpement de la Fondation jusqu'a son deces !
Marie-France de Sibert, North CA chapter pendant presque 20 ans.

Marie-France de Sibert
30 novembre 2012