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Culture

Nolwenn Leroy : "J’ai gardé un lien très fort avec l’Amérique"

Nolwenn Leroy :

Ian McKell

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  • Commentaires (5)

08 janvier 2013

A l’occasion de la sortie de son album aux Etats-Unis, la chanteuse Nolwenn Leroy donne ce soir son premier concert américain au Drom de New York. France-Amérique l’a rencontré avant ses débuts sur la scène new-yorkaise.

France-Amérique : Vous avez passé une année d’études aux Etats-Unis à Hamilton, près de Cincinnati dans l’Ohio. Cette expérience a-t-elle été déterminante dans votre parcours artistique ?

Nolwenn Leroy : Humainement, ce fut une expérience déterminante. Je suis partie à 15 ans, entre ma seconde et ma première, sponsorisée par le Rotary Club. C’était un rêve depuis toute petite. Depuis, j’ai vraiment gardé un lien très fort avec les Etats-Unis, avec l’Amérique profonde où j’ai vécu. J’ai passé une année extraordinaire, je suis restée très proche de ma famille d’accueil. Ils viennent d’ailleurs me voir ce soir en concert. Artistiquement, j’ai gagné en confiance pendant cette année, j’ai grandi. J’ai d’abord consacré plus de temps à la musique, en faisant partie de l’orchestre de mon lycée, de celui de la ville, de la chorale. Il y avait beaucoup de temps accordé aux activités extra-scolaires. C’est à ce moment là que j’ai réalisé que le chant, ce hobby, cette passion, pourrait être plus que cela. Aux Etats-Unis, même si l’idée de rêve américain paraît simpliste, on encourage beaucoup le fait de croire en ses rêves et d’aller jusqu’au bout. J’ai vécu une année au-delà de mes espérances, ça a été un tournant.

Dans un entretien, vous avez déclaré rêver de partager votre musique avec le public américain. Cet album lui est-il entièrement destiné ?

Au départ, en France, certains médias jugeaient que ce projet breton était destiné à une niche, que les frontières de la France ne pouvaient pas être dépassées. Cette niche s’est en fait révélée très grande, au-delà du territoire celte, la Bretagne. Hors les diasporas bretonnes, irlandaises, écossaises se sont établies en nombre au-delà de leurs territoires d’origine. Les Celtes ont participé à la construction de l’Amérique, avec d’autres communautés. C’est pourquoi ces chansons, ces sonorités, touchent ici directement les gens. Je suis très heureuse de pouvoir présenter cet album aux Etats-Unis. Je me sens toute petite devant ce projet qui a eu une telle raisonance en France. C’est très émouvant et très positif. Il est rare que des artistes français sortent des albums sur le territoire américain.

En reprenant des thèmes populaires comme “Amazing Grace”, comment avez-vous travaillé pour apporter une touche personnelle, une nouvelle interprétation ?

Mon idée était de faire un album pop à consonances celtiques. Je voulais donner une nouvelle lecture à ces chansons. Elles sont certes très populaires ici, peut-être plus qu’en France. Ces hymnes font un peu partie du passé, c’était important pour moi de les remettre au présent, en valorisant mes racines. Je pense que tout artiste, à un moment donné, travaille sur un album un peu égoïste, pour se faire plaisir. Je passe beaucoup de temps à écrire mes chansons mais aussi à écouter celles des autres, ce qui m’inspire, et qui me donne parfois envie de les interpréter. Je ne pouvais imaginer que cette nostalgie et ce bonheur allaient toucher un aussi grand nombre de personnes [1 million d’exemplaires de son album, Bretonne, ont été achetés en France, ndlr]. C’est à ce moment là que la magie est intervenue. Cela dépasse presque la musique. Ces chansons vont chercher des choses très profondes en chacun, parce qu’elles touchent aux racines.

Pourquoi avoir baptisé cet album Nolwenn,  qui est le même titre que votre premier album français, sans garder l’idée de Bretonne ?

Je porte mes racines et mes origines bretonnes dans mon prénom particulier. Ici, j’ai toujours été Nolwenn. Le prénom suffisait pour me désigner en personne et pour désigner la musique que je porte.

On vous compare à Kate Bush et Tori Amos. Que pensez-vous de ces comparaisons ? Appréciez-vous ces artistes ?

Elles restent des influences énormes. J’ai d’ailleurs enregistré cet album avec John Kelly, qui a produit des opus de Kate Bush.  Ces auteurs-compositeurs sont des références, elles jouent avec leurs voix, elles ne laissent rien au hasard. Il y a une cohérence globale entre la musique et l’imagerie qui accompagne leurs projets. Kate Bush a apporté beaucoup à la musique pop et féminine. J’écoute ses vinyls depuis toute petite. De là à dire que je leur ressemble, je ne sais pas. J’espère un jour arriver à leurs chevilles.

Pensez-vous, en tant que gagnante d’un concours télévisé, que la reconnaissance artistique et médiatique se fait différemment en France et aux Etats-Unis ?

Certainement. Alors que je suis allée au conservatoire, j’ai mis dix ans pour reconstruire ma légitimité après la Star Academy. Cela m’a permis de me faire entendre, ce fut un tremplin extraordinaire. En France, on se doit de souffrir, de mériter, c’est un long chemin. Devant tant d’attention, il fallait prouver que l’on a quelque chose à dire. Il y a des étapes par lesquelles on est obligé de passer. Aux Etats-Unis, nous ne sommes pas sur la même échelle. On n’a pas peur de mélanger les styles lors des cérémonies de remises de prix : Justin Bieber y côtoie Taylor Swift, aux côtés de Lady Gaga et Bon Iver. C’est uniquement le succès qui compte, la reconnaissance du public. Je n’ai pas l’impression qu’il y ait de problème de légitimité. Une bonne chanson est une bonne chanson, peu importe qui la chante. Comme si la musique suffisait. Mais peut être que je me trompe.

Vous avez doublé la Fée des Dents dans le film Les Cinq Légendes, produit par DreamWorks. Comment avez vous abordé cette expérience ?

C’est un exercice très particulier, qui fait finalement appel à beaucoup de réflexes de chanteuse. Il faut suivre une certaine rythmique, il faut être inventif, proposer de nouvelles choses tout en s’inspirant de la voix originale en anglais. J’ai vraiment passé un moment incroyable. Avec les progrès en matière de films d’animation, les expressions des visages sont tellement précises, il faut faire du mieux possible pour pouvoir donner vie au personnage. On se sent un peu angoissée car la barre est haute, il y a tellement de détails préexistants dans le personnage qu’il faut être à la hauteur. On a une liberté incroyable, on peut tout donner parce que l’on n’est pas filmée. J’adorerais renouveler l’expérience.

D’autres dates de concert sont-elles prévues aux Etats-Unis ?

Oui, probablement cette année dans le cadre de festivals. Ce concert n’est pas un événement unique. J’ai vraiment envie de mettre beaucoup d’énergie dans ce projet, de partager ma musique avec le plus grand nombre, comme tous les artistes. Mon attachement particulier à ce pays renforce cette volonté.

commentaires

Je vis a Washington D.C et j'avais commande l'album Bretonne sur Amazon. Je l'ecoute dans la voiture en allant au bureau le matin, ca me donne de l'energie. Je suis bretonne, de Perros-Guirec ou ma famille habite toujours. J'aurais aime etre au concert a NY !

Cathy
10 janvier 2013


@JeanJacques: Il me semble que c'était "agneau blanc" mais voici déjà un début de réponse: http://fr.wikipedia.org/wiki/Nolwen_(pr%C3%A9nom)

Amaro
09 janvier 2013


Quelqu' un sait-il ce que Nolween veut dire en Breton? Je ne suis malheureusement pas fluent dans cette langue celtique.

Jean-Jacques
09 janvier 2013


Comme des milliers de Français et de bretons nous sommes fiers de Nolwenn qui nous représente . Elle sait toucher tous les coeurs , simplement, avec sincèrité, générosité . C'est une grande ! après l'avoir écoutée , la vie est différente, elle devient plus belle ... Bonne continuation à Nolwenn .

NICOLAS Rémy
09 janvier 2013


Félicitations Nolwenn pour ce premier concert aux États-Unis,son fabuleux timbre de voix chante l'amour, la mythologie, son interprétation personnelle de l'ambiance celtique est extraordinaire, je suis très heureuse que son fabuleux timbre de voix transporte les personnes du Monde entier...un premier pas avec l'Amérique, la sirène ira vers d'autres océans et continents...

Avec la vidéo, nous avons une chance merveilleuse "d'être parmi le public" à New-York : Merci Encore Nolwenn !

Elizabeth Dallet
09 janvier 2013