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Michel Fourniret condamné à la prison à perpétuité

Michel Fourniret condamné à la prison à perpétuité
François Nascimbeni/AFP/Getty Images
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Publié le 28 mai 2008

Perpétuité incompressible pour Michel Fourniret, assortie de 28 ans de sûreté pour sa femme, Monique Olivier. Le verdict est tombé mercredi 28 mai pour les époux Fourniret, jugés pour une série de sept meurtres aggravés et trois agressions de jeunes filles entre 1987 et 2001.

Michel Fourniret, 66 ans, a été reconnu coupable mercredi à Charleville-Mézières (Nord de la France) de sept meurtres aggravés de jeunes filles. Il a été condamné à la réclusion criminelle à perpétuité incompressible, la peine maximale du code pénal. Cette peine a déjà été appliquée trois fois depuis 2006 dans des affaires de meurtres ou tentatives de meurtre d'enfants accompagnés de viols. Sa femme, Monique Olivier, 59 ans, a quant à elle été reconnue complice de plusieurs meurtres commis par son époux et condamnée à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une période de sûreté de 28 ans.

Au terme de neuf semaines de débats éprouvants pour les familles des victimes et de 24h de délibérations, les trois magistrats et les neuf jurés de la cour d'assises des Ardennes ont suivi les réquisitions de l'avocat général Francis Nachbar.

Familles des victimes satisfaites

L'avocat de Monique Olivier, Me Richard Delgenès, évoquera jeudi ou vendredi avec sa cliente la question d'un éventuel appel de sa condamnation, hypothèse que Fourniret a d'ores et déjà écartée. "On a dix jours pour éventuellement interjeter appel, on en parlera demain (jeudi) ou vendredi ensemble. On fera le point", a déclaré l'avocat. Ce dernier a jugé "important" que les trois magistrats et les neuf jurés aient prononcé une période de sûreté de 28 ans, alors que Monique Olivier en encourait 30. Me Delgenès souhaitait que sa cliente n'écope pas de la peine maximale applicable et qu'elle soit blanchie de l'accusation de meurtre de Jeanne-Marie Desramault en 1989. Il s'est alors réjoui d'avoir été "entendu sur ces deux points" par la cour.

Les familles des victimes ont salué la double condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité des époux Fourniret. "Je suis très satisfaite du jugement (...). Je respire", a affirmé Marie-Jeanne Laville, mère d'Isabelle tuée en 1987 dans l'Yonne, en soulignant avoir "craint" que Monique Olivier "ait beaucoup moins et sorte trop tôt". Evoquant les deux mois de procès, elle a expliqué que les familles "n'étaient pas préparées à ce genre de choses. Il y a eu des moments d'émotion qui ont rendu l'air pesant (...). Que ce soit ma fille ou la fille des autres, ça a été chaque fois notre enfant dont on racontait le calvaire". "On va essayer de reprendre une vie à peu près normale", a pour sa part confié Jean-Pierre Leroy, le père de Fabienne tuée en 1988 dans la Marne. "On est content que ça se termine".

Confrontation entre époux

Le couple devrait encore comparaître aux assises pour les meurtres de Joanna Parrish et Marie-Angèle Domèce. Une confrontation entre les époux aura lieu "entre le 20 et le 30 juin" au tribunal de Charleville-Mézières, dans le cadre de l'enquête sur le meurtre en 1990 de la Britannique Joanna Parrish, 20 ans, assistante d'anglais dans un lycée d'Auxerre, et retrouvée morte, violée et étranglée le 17 mai 1990 près de la ville.

Ce meurtre est l'un des onze imputés à Fourniret par son épouse, mais ne compte pas parmi les sept qui viennent d'être jugés. L'avocat de la famille Parrish, Me Didier Seban, a précisé que cette confrontation dans le bureau des deux juges d'instruction chargés du dossier aurait lieu en sa présence, et devrait "normalement" concerner aussi le meurtre de Marie-Angèle Domèce. L'avocat de la famille Domèce, Me Pierre Gonzalez de Gaspard, n'a pas été en mesure de confirmerl'information. Marie-Angèle, jeune handicapée de 19 ans, avait disparu le 8 juillet 1988 à Auxerre, entre le foyer où elle avait été placée par la Ddass et la gare. Son corps n'a jamais été retrouvé.

Michel Fourniret a toujours nié ces deux homicides. Il ne reconnaît que huit des onze meurtres dont son épouse l'accuse : celui de la compagne d'un ex-codétenu et les sept qui lui ont valu d'être condamné à la perpétuité incompressible. Les parents de Joanna espèrent avoir la confirmation que l'homme condamné en France est bien l'assassin de leur fille.

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