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Une fraude bancaire historique![]() AFP Photo / Société Générale et Martin Bureau/AFP/Getty Images À gauche la photo de Jérôme Kerviel fournie par son ancien employeur, et le siège de la Société Générale à La Défense.
La Société Générale a perdu 5 milliards d’euros dans une affaire d’escroquerie dévoilée la semaine derniere à la presse. Malgré le désastre, le PDG de la banque, Daniel Bouton, concédait hier soir "l’extraordinaire talent de dissimulation de son employé", qui connaissait toutes les procédures de contrôle interne à la banque, après en avoir appris les ficelles pendant cinq ans dans les fonctions de support. "Mais ses motivations sont incompréhensibles, puisqu’il semble qu’il n’a pas bénéficié directement de cette fraude", a continué Daniel Bouton. Le Parquet de Paris a ouvert jeudi une enquête préliminaire après le dépôt de deux plaintes. L’une dans la matinée émanant d’un petit porteur pour "escroquerie, abus de confiance, faux et usage de faux, complicité et recel", l’autre de l’Association des petits porteurs d’actifs (APPAC), qui représente environ 150 actionnaires, pour "diffusion de fausses informations ou trompeuses ayant agi sur le cours de la Bourse des titres." Le Parquet a tenu à préciser qu’il était cependant "prématuré de tirer une quelconque conclusion" sur les éventuelles conséquences judiciaires après l’annonce de "fraude". "À l’heure actuelle, on ne peut dire ce qu’il y a derrière cette affaire qui s’annonce d’une très grande complexité", a expliqué le Parquet. L’affaire n’est pas sans rappeler la crise qu’a subi Calyon, la banque de financement et d’investissement du Crédit agricole cet été. Début septembre, la banque avait annoncé une perte de 250 millions d’euros dans ses activités de marché, en raison de positions imprudentes prises par un opérateur de son bureau de New York à la fin du mois d’aout. Mais le trader de Calyon, Richard Bierbaum, n’a pas été poursuivi en justice, la catastrophe étant imputée à des carences dans les systèmes de surveillance de la banque. "On ne laisse pas un employé inexpérimenté de 26 ans prendre des risques au point de faire perdre 347 millions de dollars. Ça ne tient pas debout. Il doit y avoir une défaillance humaine quelque part", avait commenté alors l’ancien patron d’une banque française aux États Unis. La Société Générale elle, pour le moment, ne semble pas avoir dénoncé d’autres responsables que Jérome Kirviel dans l’immense entreprise de fraude dont elle vient d’être victime. Selon Didier Heiderich, président de l’Observatoire International des crises, la Société Générale a mis en place une excellente stratégie de communication pour minimiser la gravité de l’affaire: "l’homme soupçonné a été clairement mis en avant. Sa photo est dans tous les journaux. Ses techniques de fraude ont été très détaillées. En revanche, très peu de choses ont été précisées sur l’organisation de la banque et de ses systèmes de contrôle. La responsabilité est portée sur une personne, sans que l’institution soit remise en cause." Selon l’analyste, l’affaire pourrait entacher la Société Générale pendant quinze ans. Et aussi... France-Amérique est la plus grande publication en langue française éditée aux États-Unis. |
06 janvier 2009
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